Page:Driant - L’invasion noire 2-grand pèlerinage à la Mecque,1913.djvu/186

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée


CHAPITRE VI

Désastre anglais dans l’Inde. La race jaune. Prise de Suez par les Mahdistes. Passage de la Garde noire. Singulière coutume des Dionis. Embarquement manqué. À la merci de Zérouk. Jetés à la mer. Les dents de Nedjma. Un fameux nageur. Torpille égarée. Dans l'île de Périm.

Quand le jour se leva, la surface liquide parut couverte de débris, comme si une effroyable bataille navale venait de se livrer là.

Tronçons de mâts, poutres brisées, canots la quille en l’air, fragments de toutes formes, tordus, déchiquetés, erraient ballottés sur une mer que la tempête factice de la nuit semblait avoir secouée dans ses plus intimes profondeurs, et dont les vagues drues et courtes remplaçaient le calme miroir de la veille.

Des centaines de cadavres, marins et soldats de toutes nations, commençaient à remonter gonflés à la surface de l’eau, et peu à peu, poussés par un courant invisible, approchaient du rivage où les nègres les harponnaient et les dépouillaient aussitôt.