Page:Drumont - La France Juive édition populaire, Palmé 1885.djvu/34

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


Dans un village du Forez, que j’habitais, on a ri longtemps des Bezy. Tous les jours de foire, les Bezy se mettaient en route dès le matin avec leur vache ; le père et la mère marchaient en tête, une vieille sœur suivait… A la tombée du jour on les voyait revenir avec la vache : cela dura pendant dix ans, et jamais les Bezy ne manquèrent une foire. Quel vice rédhibitoire avait la vache ? je l’ignore, ce qui est certain, c’est que les Bezy la ramenaient toujours…

C’est un peu comme nos négociateurs. Ils ont beau ouvrir la bouche de l’animal, lever la queue, dire : « C’est frais comme l’œil. » Toute l’habileté du maquignon demeure absolument inutile, et le marché ne peut jamais se conclure.

Remarquez que je ne dis pas que la vache soit mauvaise ; je constate seulement que personne n’en veut. Qu’est-ce que vous pouvez contre cela ? On n’en veut pas…

Au fond, si les hommes de la droite avaient étudié l’histoire, ils se rendraient compte que la situation est exactement la même qu’au moment de Fructidor. Rien n’est curieux, sous ce rapport, comme, la conversation de Treilhard et du général Matthieu Dumas, que nous a transmise M. de Barante dans son Histoire du Directoire.


Le général Matthieu Dumas connaissait Treilhard pour un homme qui poussait la franchise jusqu’à la brutalité.