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TROISIÈME PARTIE

LE MINISTÈRE DU DEUX JANVIER

INTERMÈDE



JAI terminé la première partie de ces souvenirs à Bade, le 17 août 1882. C’est à Bade, le 20 août 1887, que j’en commence la fin. Cinq années d’intervalle, c’est beaucoup ; ai-je à m’excuser vis-à-vis de moi-même ? j’ai été souffrant, j’ai eu de grandes douleurs dans la tête et j’ai travaillé. J’ai écrit La Charité privée à Paris, La Vertu en France, Une Histoire d’amour, Le Manteau déchiré, qui est un petit conte de Noël, L’Allemagne actuelle, qui, dans Le Correspondant d’abord, et ensuite à la Librairie Plon, a paru sans nom d’auteur ; je viens de donner le bon à tirer du dernier chapitre de Paris bienfaisant ; l’an dernier, j’ai représenté l’Académie française au cinq-centenaire de l’Université de Heidelberg, et j’ai fait le rapport sur les prix de vertu ; cette année, j’ai répondu au discours de réception d’Édouard Hervé[1], élu par notre compagnie en remplacement du duc de Noailles[2] ; je n’ai point de reproches à m’adresser ; je n’ai pas perdu mon temps.

La date où je reprends mon travail interrompu est précisément celle où j’abandonnais toute besogne et où je m’accordais trois mois de vacances, consacrées à la chasse, que j’aimais

  1. Hervé (Édouard), 1835-1899. Publiciste libéral sous l’Empire, collaborateur au Temps et au Courrier français, il dirigea, à partir de 1873, l’organe royaliste Le Soleil. (N. d. É.)
  2. Le duc Paul de Noailles (1802-1885) avait été élu à l’Académie française en 1849, en remplacement de Chateaubriand. (N. d. É.)