Page:Du Camp - Souvenirs d’un demi-siècle, tome 1.djvu/27

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I° Zaba, Polonais, demeurant rue de Richelieu, n° 61, chambre n° 15 ; 2° Belmontet, rue de Provence, n° 30, chez la comtesse Germain ; 3° Goubaud, rue Le Peletier, n° 5 ; 4° Mirandolli ; 5° Chodzko ; 6° le général Brayer, commandant à Strasbourg ; 7° Marchand, chez le général Brayer, son beau-père ; 8° le colonel Bruce, commandant la 3e division à Lunéville ; 9° le général Bachelu ; 10° Dubois, lieutenant au 7e cuirassiers à Nancy ; 11° Murat, capitaine au même régiment ; 12° le colonel Bracq, à Metz ; 13° Conrad, aide de camp du général Brayer, à Strasbourg ; 14° Adam, employé dans les vivres, à Strasbourg, chez M. Mauginé ; 15° Parquin, chef d’escadron.

« Les fonds nécessaires aux conjurés paraissent être fournis par le prince Louis et la reine. Ces fonds sont envoyés à Paris, à la maison André et Cottier, par l’entremise de la maison Macaire, de Coutances.

« Zaba paraît avoir été porteur d’une lettre de change de la somme de 8 568 francs tirée par Macaire sur la maison André et Cottier ; mais il n’a pu en toucher les fonds, parce qu’il n’a pas donné le certificat que l’on a exigé de lui. Mirandolli doit aller incessamment toucher cette somme, en vertu d’une nouvelle lettre de crédit.

« Il paraîtrait également que Marrast, gérant de La Tribune, a touché ou doit toucher chez André et Cottier une somme de 200 francs ; il doit remettre en même temps une lettre de crédit de Louis Bonaparte.

« Par suite de combinaisons arrêtées, la conspiration doit éclater tout à la fois à Strasbourg, Metz, Besançon et Lunéville, le 29 de ce mois.

« Plusieurs régiments paraissent avoir été gagnés.

« Des proclamations de Louis Bonaparte sont déposées à Kehl. Elles doivent, dit-on, être incessamment répandues avec profusion.

« Des émeutes doivent éclater en même temps à Paris ; les télégraphes doivent être abattus pour interrompre toute communication avec Paris.

« D’après des déclarations qui auraient été faites, Zaba serait porteur d’une traite de 10 000 francs tirée par le banquier Macaire, de Coutances, sur la maison Cottier.

« Belmontet est chargé d’égarer l’opinion publique par des articles insérés dans les journaux ; Lenex doit embaucher les militaires.