Page:Du halde description de la chine volume 1.djvu/137

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Chine du temps de l’empereur Tai tsong de la dynastie des Tang, l’un des plus grands princes qu’ait eu cette monarchie. Il lui envoya une célèbre ambassade. Tai tsong agréa cette politesse, et les ambassadeurs furent reçus et renvoyés avec les plus grandes marques d’honneur et de distinction.

Ki tson y prit goût, et par une seconde ambassade il fit demander une princesse du sang impérial pour être l’épouse de son fils Long tsang. Une pareille proposition parut bien hardie au conseil de l’empereur ; elle fut rejetée avec hauteur, sans même qu’on daignât en délibérer.

Long tsang devenu roi par le décès de son père vint à la tête de deux cent mille hommes demander la princesse, et après avoir défait quelques princes tributaires de la Chine qui s’opposaient à son passage, il pénétra jusqu’aux frontières de la province de Chen si où l’empereur tenait alors sa cour. Le conseil impérial s’était reposé sur la résistance de ces princes, parce que tout autre chemin était impraticable à une nombreuse armée.

Après ces premières démarches de son armée victorieuse, Long tsang chargea un de ses officiers d’une lettre fière et hautaine qu’il écrivit à l’empereur. Il demandait qu’on lui remît incessamment la princesse avec une certaine quantité d’or, d’argent, et de pièces de soie, qui était due, disait-il, à l’époux d’une princesse du sang impérial, lequel venait la recevoir en personne avec tant d’appareil et de magnificence.

L’empereur offensé d’une telle demande, envoya ordre sur-le-champ aux troupes de ses frontières de s’assembler et pour leur en donner le temps, il amusa l’envoyé de belles espérances, en le régalant, et en lui donnant chaque jour des fêtes nouvelles ; mais il n’eut pas plutôt appris que l’armée impériale était prête à se mettre en marche, qu’il congédia honteusement cet envoyé, sans lui donner de réponse à la lettre du roi son maître.

Le général Heou hien partit en même temps, aussitôt qu’il eut joint l’armée, il attaqua l’armée de Long tsang, et la mit en déroute. La perte ne fut pas si considérable que ce prince après avoir rallié ses soldats, ne se trouvât encore en état de donner de l’inquiétude ; c’est pourquoi comme il promit de se retirer, si on lui envoyait la princesse avec un équipage convenable à sa dignité, le conseil de l’empereur fut d’avis qu’il y donnât son agrément.


640.

La princesse fut conduite avec pompe ; et après les cérémonies du mariage, Long tsang se retira et devint un allié fidèle : il servit même l’empire en diverses occasions ; la principale fut, lorsque le général Alena usurpa un royaume tributaire de la Chine. Long tsang aida de toutes ses forces le général de l’empereur, il combattit lui-même en personne, et il eut beaucoup de part à la victoire par la perte du rebelle Alena.


Environ 696.

Kiliso qui succéda à Long tsang, ne fit rien qui pût troubler la paix qu’il avait avec l’empire, et avec tous ses voisins : il ne songea qu’à la maintenir par les traités qu’il fit avec les différentes nations des Tartares, et surtout avec les Hoei he. Ainsi il rendit son royaume également puissant, et