Page:Du halde description de la chine volume 1.djvu/17

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de son empire bien au-delà du déluge, et même de la création du monde ?

Si une idée si absurde a pu entrer dans l’esprit d’un très petit nombre de chinois, trompez par les feintes époques de quelques astronomes, tout le reste de la nation se récrie contre leur ignorance. Que dirait-on de ces chinois, si ayant appris qu’un auteur européen a hasardé dans un de ses ouvrages, que le monde existe de toute éternité, ils en concluaient que c’est-là une opinion commune en Europe ?

Les Chinois s’en tiennent à leur grande histoire, laquelle, bien éloignée de donner dans de pareilles rêveries, fixe le commencement de leur empire à Fo hi, encore n’assurent-ils point, quand et combien de temps ont régné Fo hi & ses successeurs jusqu’à Yao ; ce n’est que depuis cet Empereur que leur chronologie leur paraît sûre ; et en effet il y a bien peu à redire pour la durée totale et la distribution des règnes, et pour les faits importants.

De quelque idée qu’on sait prévenu, on ne peut guère disconvenir que les connaissances les plus certaines que nous ayons de la Chine, ne nous soient venues par le canal des missionnaires, qui ont passé la plus grande partie de leur vie dans la capitale et dans les provinces de ce grand empire, et qui par-là étaient à portée plus que personne, de nous en rendre un compte fidèle.

Cependant ces connaissances qu’ils nous en ont données, sont assez bornées, et quelquefois même défectueuses. La plupart occupez du grand objet qui leur a fait quitter leur patrie, et les a attiré dans cette extrémité de l’Asie, n’instruisaient guère l’Europe, que des dispositions qu’ils trouvaient dans l’esprit de ces peuples pour\r