Page:Du halde description de la chine volume 1.djvu/184

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d’une lieue on trouve deux ou trois villages, sans parler de ceux qui se voient de tous côtés dans la campagne. En passant dans un de ces villages, je vis des marionnettes semblables en tout à celles d’Europe, même pour la voix : il n’y avait de différence que pour les vêtements.

Le 1er avril j’allai de Pe keou à Cou tchin tien, qui en est éloigné de trente lis sud ouest 1/4 ouest. Entre ces deux termes on trouve trois villages. De Cou tchin tien gros bourg à Pai ta fou où il y a à gauche une tour, 20 lis : deux villages entre ces deux termes. De-là à Gan sou hien, 10 lis. On passe au milieu de cette ville : elle a trois cent cinquante pas est ouest sur quatre cents nord et sud. Ses murailles sont de terre et les créneaux de brique. A l’entrée du faubourg on voit un pont de pierre sans appui sur un petit ruisseau.

De Gan sou à Sou ho 40 lis. A la sortie de ce village on passe un beau pont de trois arches et de 20 poteaux de chaque côté : il est de marbre grossier. De là à Pao ting fou ville où réside le viceroi de la province de Pe tche li, 10 lis. Elle est à peu près carrée, et a plus de 4.000 pas de circuit ; on la laisse à gauche, et vis-à-vis l’angle de la muraille on trouve un beau pont à trois arches de marbre grisâtre. Ce pont est sur une petite rivière formée de deux petits ruisseaux, dont l’un vient de l’ouest, et l’autre du nord. La route vaut le sud-ouest par estime. Le chemin est très beau, planté d’arbres comme une allée de jardin, avec une multitude de monde inconcevable.

Le 2 on va droit à l’est environ 10 lis jusqu’à Ta sie pou ; un peu avant ce village on laisse à droite une petite tour dans la campagne. A 10 lis de là autre bourgade nommée Ta ki tien, dans laquelle il y a trois petits ponts de pierre : route au sud-ouest, 10 lis jusqu’à un autre bourg ; dix autres lis jusqu’à Kin yan y, et de là à Tan chun kiao grosse bourgade, au milieu de laquelle il y a un beau pont d’une arche, 30 lis.

Après avoir fait encore 30 lis, on trouve la ville de Kin tou hien au travers de laquelle on passe : elle n’est pas carrée, et n’a guère plus de 1.200 pas de tour. Ses murailles ressemblent à celles des autres villes. A la sortie de cette ville on voit un bel arc de triomphe de marbre blanc avec quatre lions. De là à Tsin fong tien grosse bourgade où je couchai, 20 lis.

J’ai passé ce jour-là depuis Pao ting, entre quinze ou seize tant villes que bourgs et villages, qui sont remplies d’hôtelleries pour loger cette quantité surprenante de gens qui couvrent ces chemins. Environ 10 ou 15 lis après Pao ting le chemin est relevé des deux côtés par des banquettes assez larges, ce qui fait que le milieu forme une espèce de canal qui paraît humide en quelques endroits : du reste il est droit, large, et uni, ce qui joint aux arbres qui le bordent des deux côtés, présente de belles avenues devant les villages, dont il est coupé de demie lieue en demie lieue. Il y a des endroits où ces arbres sont grands, et d’autres où ils n’ont été plantés que depuis un ou deux ans. Il y a de l’apparence que ces belles avenues avaient été ruinées pendant la guerre. Mais rien n’est plus agréable, et on voit de tous côtés une campagne très belle et très bien cultivée.

Il y a si peu d’arbres dans cette campagne, que l’horizon paraît souvent