Page:Du halde description de la chine volume 1.djvu/195

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dans les bas, où la terre est cultivée ; j’y ai vu des endroits où les Chinois commençaient à faire des terrasses ; ils tirent toutes les pierres, et les mettent en monceaux pour en construire des murailles, après quoi ils aplanissent la bonne terre qui reste, et la sèment.

La troisième montagne est encore plus rude que les deux autres : il m’a fallu mettre deux fois pied à terre en descendant ; quand il a plu ces chemins sont impraticables, parce que le caillou y est très glissant. J’allai coucher à Tsin tchao gros village.

Au sortir du lieu de la dînée on monte une montagne ; le reste du pays est beau et uni ; ce sont de tous côtés des collines labourées, remplies d’arbres, et grand nombre de terrasses revêtues. Je passai par six ou sept villages, dont quelques-uns sont assez grands, et dont les maisons sont de brique ; j’en voyais d’autres dans le fond aux pieds des collines. On trouve sur la route quantité de mulets et d’ânes chargés de marchandises qui viennent des provinces de Ho nan et de Kiang nan.

Le 11 j’allai dîner à un village nommé Tchan pin ; quarante lis route sud-est. Ce village est de la province de Ho nan. J’ai passé cinq ou six petits villages ou hameaux. En partant on monte une colline, après quoi l’on descend toujours. On trouve un chemin fait parmi les rochers, le long des montagnes, en forme de terrasse, revêtu de pierre et pavé de même ; il est large de dix à douze pieds et a beaucoup de pente ; en temps de pluie il est si glissant qu’il est impossible de le descendre.

Il y a sur cette route deux ou trois petits forts pour en défendre le passage, dont un a de grosses murailles sur lesquelles on peut ranger des soldats ; on commence à voir de dessus ces collines les plaines de Ho nan. Dans les endroits où les montagnes ne sont point rochers, tout est cultivé. On trouve grand monde sur ce chemin, une si grande quantité de mulets et d’ânes chargés, qu’ils embarrassent souvent le passage.

L’après dîner j’achevai de passer les montagnes durant deux lieues et demie ; le chemin est rude, et les descentes fort raides à cause des cailloux et des pierres. On voit de dessus une colline le Hoang ho, son cours était marqué par les vapeurs blanches que le soleil en tirait. Durant une lieue et demie que j’ai fait dans la plaine, je passai par six bourgs ou villages, dont quelques-uns sont fort grands. Les blés étaient hauts, et les épis tous formés dans la campagne, au lieu qu’à cinq ou six lieues d’ici sur les montagnes ils étaient encore en herbe. La campagne est fort belle, on voit des arbres de tous côtés au milieu des blés, et aux environs des villages ; il n’y a pas un pouce de terre perdu. Je vins coucher à Sin hoa tchin, quarante lis, route est sud-est. C’est un gros bourg de la dépendance de Hoai king fou.

Le 12 j’allai dîner à trente lis dans un petit village où il n’y avait pas même de chambre, puis coucher à 40 lis dans un bourg nommé Mou lang. Le pays toujours uni et cultivé. Je passai néanmoins par 9 ou 10 villages assez pauvres.

Le 13 j’allai dîner et souper à Ouan tchouen soixante lis route sud-est. C’est un bourg de la dépendance de Cai fong fou : le pays toujours