Page:Du halde description de la chine volume 1.djvu/20

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grand Monarque en faveur de la religion et de ses ministres. C’est par ce travail, continué pendant une longue suite d’années, qu’on a acquis des connaissances plus particulières et plus sûres.

Enfin le père le Comte, qui a écrit avec tant d’agrément sur la Chine, s’est borné à certaines matières, et n’a pas prétendu en donner une relation régulière et universelle ; il avertit même qu’on doit regarder le recueil de ses lettres, comme des mémoires qui peuvent être utiles à ceux qui voudront dans la suite donner une description plus complète de ce grand Empire.

C’est à cette description que je travaille depuis plusieurs années : la quantité et la diversité des matières renfermées dans le projet que j’en ai donné, a fait douter si l’exécution y répondrait. Mais on trouvera, à ce que j’espère, que j’ai entièrement rempli mon dessein, tout vaste qu’il paraît, et que je tiens même au-delà de ce que j’ai promis. Au moins n’ai-je rien négligé pour faire connaître cette vaste portion de l’Univers par tous les endroits qui méritent de l’attention, et pour m’assurer de la vérité de tout ce que j’en rapporte.

J’ai eu entre les mains une quantité prodigieuse de mémoires venus de la Chine : la lecture de ces manuscrits, où la plupart des choses qu’on y traite, étaient inutiles à mon dessein, ne m’a pas rebuté, parce que j’y trouvais de temps en temps des particularités, ou qui n’étaient pas connues, ou qui confirmaient la vérité de ce qu’on avait déjà publié dans des relations imprimées. Quand des gens désintéressés, et d’ailleurs éclairés, écrivant en différents temps et de différents lieux du même Empire, racontent les mêmes choses, dont ils sont témoins oculaires, comme s’ils les eussent concertées ensem-