Page:Du halde description de la chine volume 1.djvu/326

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ne peut être interrompue que par une trop grande sécheresse, car il y pleut rarement ; ou par le dégât qu’y font quelquefois les sauterelles.

La terre y produit du riz, du millet, du froment, de l’orge, des fèves, toutes sortes de grains, et de fruits. Les poules, les œufs, les chapons gras, les faisans, les perdrix, les cailles, les lièvres, y sont à très grand marché. On pêche une quantité prodigieuse de poissons dans ses lacs, dans ses rivières, et dans la mer. Ils se vendent presque pour rien, et il n’est pas surprenant d’en avoir plusieurs livres pour un sol.

Les arbres fruitiers y croissent de toute espèce : il y a surtout d’excellentes poires, des châtaignes, de belles pêches et très saines ; diverses sortes de noix, et grande quantité de prunes. On fait sécher les prunes, et les poires, pour les transporter dans les autres provinces. Mais il y croît surtout une espèce de fruit, que les Portugais ont nommé figues, et qui s’appelle en chinois setse, qu’on ne trouve qu’à la Chine ; quoiqu’il y en ait dans d’autres provinces, celle de Chan tong en est le plus abondamment fournie.

Ce fruit que je fais connaître ailleurs, n’est mûr que vers le commencement de l’automne. D’ordinaire on le fait sécher de même que les figues en Europe, et on le vend dans tout l’empire : alors il devient farineux, et se couvre peu à peu d’une croûte sucrée. Il y en a d’excellents au goût ; on s’imagine manger nos meilleures figues sèches. Telle est la petite espèce qui se cueille dans la province de Chan si. On y en trouve une autre espèce de vertes, qui ne s’amollissent pas dans leur maturité, et qui se coupent avec un couteau de même que les pommes d’Europe. Les arbres qui produisent ces fruits n’ont presque pas besoin de culture : on juge néanmoins que si l’on aidait la nature, en se donnant le soin de les enter, le fruit serait véritablement délicieux.

Des vers assez semblables aux chenilles, produisent dans les campagnes une soie blanche, dont les fils s’attachent aux arbrisseaux et aux buissons : on en fait des étoffes de soie, plus grossières que celles qui se travaillent de soie produite par les vers élevés dans les maisons, mais qui sont plus serrées et plus fortes.


Première ville et capitale de la province.
TSIN NAN FOU


Quoique cette capitale ne soit pas sur le canal, elle ne laisse pas d’y faire son principal commerce. A un peu plus d’une lieue de l’endroit où elle est située, est un assez gros village nommé Lou keou qui est sur le bord d’une rivière appelée Tsing ho. On embarque sur cette rivière les marchandises qu’on veut faire passer sur le canal. Les plus communes et qui sont particulières au pays sont :

1° Les étoffes nommées kien tcheou : elles sont faites d’une soie qui tire sur la couleur grisâtre ; ce ne sont point des vers à soie domestiques qui