Page:Du halde description de la chine volume 1.djvu/328

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kiang hien, on ramassait autrefois beaucoup d’or, et c’est ce qui est marqué par le nom qu’on lui a donné, qui signifie terre d’or. Il y a d’ailleurs divers endroits, surtout du côté de Tong pin tcheou, si diversement mêlés de bois et de campagnes, qu’ils forment à la vue le spectacle le plus riant et le plus agréable.


TONG TCHANG FOU. Troisième ville.


Cette ville, qui est située sur les bords du grand canal, est également célèbre par ses richesses et par son commerce. Tout le pays qui en dépend, est uni ; les grains et les fruits de toutes les sortes que la terre produit en abondance, ne lui laissent manquer de rien de tout ce qui se trouve ailleurs, pour les besoins et les délices de la vie. Trois villes du second ordre, et quinze du troisième relèvent de sa juridiction.

Parmi ces villes, il y en a une très considérable, nommée Lin tçin tcheou : c’est là que le grand canal se réunit à la rivière de Oei ho : elle est l’abord de tous les vaisseaux, et en quelque sorte le magasin général de toutes les marchandises qu’on peut souhaiter.

Il y a peu de villes dans l’empire qui soient plus peuplées et plus marchandes. Elle n’est pas moins célèbre par ses édifices et surtout par une tour de huit étages, élevée hors de son enceinte : les dehors, qui sont de porcelaine, sont ornés de diverses figures ; au dedans elle est revêtue de marbres très polis, et de différentes couleurs ; on a pratiqué dans l’épaisseur du mur un escalier, par lequel on monte à tous les étages, et de là à de belles galeries de marbre, ornées de grilles de fer dorées, qui embellissent les saillies, dont la tour est environnée. Il y a au coin de ces galeries de petites cloches suspendues, lesquelles étant agitées par le vent, rendent un son assez agréable.

Non loin de cette tour, on voit quelques temples d’idoles d’une belle architecture, et dont l’ordonnance ne déplairait pas aux connaisseurs d’Europe.


TSIN TCHEOU FOU. Quatrième ville.


Le territoire, qui dépend de cette ville, est partie arrosé de rivières, et partie montagneux. Outre la fertilité des terres, le voisinage de la mer lui fournit abondamment toutes les commodités de la vie. On y pêche une si grande quantité de poissons, qu’on les a à très grand marché, et que des seules peaux on tire un profit considérable.

Dans ce même pays il s’engendre au ventre des vaches, une pierre jaune que les Chinois appellent pour cela nieou hoang : elle est grosse quelquefois comme un œuf d’oie, et n’est pas plus solide que le plus tendre crayon. Les médecins de la Chine en font plus de cas que du bézoard, et prétendent que la prenant pulvérisée dans de l’eau chaude, elle guérit aussitôt les fluxions et les caterres, de même que la pierre qui croît dans le fiel du taureau