Page:Du halde description de la chine volume 1.djvu/500

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père, se retira dans la salle de ses ancêtres défunts, et là outré de désespoir, il tua sa femme, et se tua ensuite lui même.

L’année quarantième du cycle l’armée impériale fut taillée en pièces, et le palais abandonné au pillage : le lâche empereur alla lui même se livrer entre les mains du vainqueur, qui lui donna une petite souveraineté, où il traîna pendant sept ans les restes honteux d’une vie obscure et méprisée. Il y mourut âgé de soixante-cinq ans.




SEPTIÈME DYNASTIE


NOMMÉE TSIN,


qui a eu quinze empereurs dans l’espace de cent cinquante-cinq ans.


CHI TSOU VOU TI. Premier empereur.
A régné vingt-cinq ans.


C’est le nom que prit le fils du général Song tchao fondateur de cette dynastie. On croirait peut-être que le nom de cette dynastie est le même que celui de la quatrième, cependant il en est tout à fait différent, et par le caractère dont il s’écrit, et par l’accent dont il se prononce.

Ce nouvel empereur tint sa cour dans la province de Ho nan ; il passa pour un prince véritablement magnanime, d’un esprit subtil et pénétrant, et d’une droiture de cœur, qui ne pouvait souffrir la moindre dissimulation.

Son règne fut fort agité par les divers mouvements de guerre de plusieurs petits souverains, qui aspiraient à la dignité impériale ; mais ceux du midi furent souvent vaincus par ceux du nord, qui étant plus endurcis aux fatigues de la guerre, se trouvaient encore soutenus des Tartares, avec lesquels ils s’étaient alliés.

L’empereur ayant su avec le temps réduire et pacifier les provinces septentrionales, tourna ses armes du côté du midi, et après avoir traversé sans obstacle le fleuve Yang tse kiang, il entra dans le royaume de Ou, et en assiégea la capitale. Le roi n’osant pas résister à des troupes accoutumées à vaincre, sortit de sa ville, et alla se rendre à l’empereur, qui lui donna une petite souveraineté, où il finit ses jours.

Ce fut ainsi qu’en l’année dix-septième de son règne, ce prince se vit seul le maître de tout l’empire. Comme il n’avait plus d’ennemis