Page:Dujardin - Antonia, 1899.djvu/132

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Gemmea s’avance.

Gemmea

Me voici, et je garde, ô maîtresse chère,
Pour que nul ne résiste au flamboiement de tes paupières,
L’écrin magique des nobles pierres.



Rosea

Nous avons vu des vierges blanches comme le jour
Passer sans honneurs et sans amours.



Aurea

Nous avons vu des amoureuses
Pleurer des larmes douloureuses.



Rosea

Nous avons vu languir sans gloire
Des princesses d’amour aux regards évocatoires…



Aurea

Pour n’avoir pas voulu connaître
Que l’Art, seul, règne parmi les choses et sur les êtres.

Strophe :

Rosea

Préparez, préparez
Après le fard des fleurs, des ors, des gemmes, préparez
Le fard qui donne aux yeux la profondeur d’astres constellés.