Page:Dujardin - Antonia, 1899.djvu/149

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La Courtisane

Père,
Quand auprès de toi j’aurai posé ma tête familière,
Quand je tiendrai entre mes doigts tes doigts tremblants,
Et si j’endors ton front dans mes bras blancs,
Tu sauras que ma voix est un suprême charme,
Tu sauras que mes yeux savent répandre des larmes
Qui mouillent les fronts
Ainsi que la rosée des soirs les plus féconds.
Si je le veux, je suis filiale ;
Et cela est si doux, à l’heure vespérale !
Et si je veux encore,
Et pourquoi ne le voudrais-je pas encore ?
Pour toi, vieillard, moi jeune autant que l’aurore
Et autant qu’elle, tu le devines, belle,
Je serai tendrement et saintement maternelle.
… Va ! quelque vaste que soit le désir,
Je l’ai dit, je puis l’accomplir.



Rosea

Hommes, hommes, connaissez la splendeur



Aurea

De ce front qui s’est baissé vers vos douleurs.



Gemmea

Connaissez la douceur empreinte