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LA LÉGENDE D’ANTONIA

N’est étranger à mon âme de femme.
Ô cours des joies et des douleurs !
Cours divin des enthousiasmes sublimes et des erreurs !
Car je suis la femme éternelle
Et mon errance fut l’errance originelle.
Mon amour
Vogua comme une nef en l’océan des jours
Dans le mirage d’un impossible port.
Et quand l’amant fut mort
Et quand s’éteignit cette aurore,
Je connus
Qu’il était chimère, ce songe d’absolu.
… Oui, au premier jour de mon devenir,
Oui, j’ai péché par le désir.
Mais
Je sais
Que je péchais,
Et l’erreur de l’amour s’est de mon être enfuie à tout jamais.

J’ai voulu
L’amour absolu…
J’ai souffert
De l’amour de l’âme qui désespère…
J’ai renoncé
L’amour à qui mon âme s’était donnée.
… Et cela m’est pardonné,
Et ma première erreur par le renoncement est effacée.

Puis ce fut la seconde époque ;