Page:Dujardin - Antonia, 1899.djvu/34

La bibliothèque libre.
Aller à la navigation Aller à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.
16
LA LEGENDE D’ANTONIA

Moi dont le front s’est obscurci
À de longs, de mortels, de désespérants soucis,

Je te salue,
Soir, lumière du soir tant attendue,
Si tard venue,
Si suprêmement apparue !



L’Amante
à part

O miracle ! ô douceur ! ô prodige !
Vertige
D’un monde de ravissement et de prestige !

O frissonnement !
Invincible attendrissement !

Les cœurs en les plus hautes attentes s’évadent,
Et dans l’air montent de mystiques sérénades.

Rêves des temps anciens !
Le troubadour est venu et je viens.



L’Amant

Soir sacré !



L’Amante

Soir diapré !