Page:Dujardin - De Stéphane Mallarmé au prophète Ezéchiel, 1919.djvu/15

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De Stéphane Mallarmé
au prophète Ezéchiel


et essai d’une théorie du réalisme symbolique[1]


Quelques personnes se sont demandé si, au milieu des catastrophes que le monde vient de vivre, les questions d’art n’étaient pas inopportunes. C’est méconnaître la fonction de l’art. La fonction de l’art, j’aurais aimé à vous en entretenir, du point de vue sociologique, le seul où vingt ans de travaux d’érudition me permettent (Je me placer. Mais il n’est aucunement possible de réduire une étude de cette importance aux dimensions d’un avant-propos.

Je dirai donc simplement ceci :

L’art n’est évidemment pas une entreprise d’amusement pour après-dîners.

L’art n’est pas davantage une jonglerie de virtuose ou une amulette de dilettantes.

Je ne crois pas, par contre, que l’objet de l’art soit de défendre

  1. Conférence prononcée (sauf un petit nombre de coupures) au Théâtre du Vieux-Colombier, le 26 mai 1918 ; certaines parties en ayant déjà été exposées dans des conférences antérieures.

    Publié dans les numéros de mars, avril-mai et août-septembre 1919 des Cahiers Idéalistes Français.

    L’auteur a, dans la présente publication, maintenu la forme « conférence », qui justifiera ou du moins excusera tout ce que la rédaction en a de cursif, sinon d’improvisé.