Page:Dujardin - Poésies, 1913.djvu/104

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Vos lèvres s’ouvrent langoureuses,
Sans doute qu’en des baisers vous seriez heureuse,
Si tendre vous vous feriez une amoureuse !

Trop tard je vous ai connue,
Je dois vous quitter à l’heure où vous voici venue,
J’irai plus loin, ailleurs, dans l’inconnu,
J’oublierai votre vue.

Au temps où j’ignorais votre visage,
Je me rappelle des oiselles de passage,
Elles ont enchanté mon cœur de leurs ramages,
Elles ont meurtri mon cœur de maint carnage,
Ah ! que leurs ailes furent volages !

Meilleure vous eussiez été, meilleure ;
La bonté de votre cœur,
La grâce de vos rires et de vos pleurs
Et cette volupté que trahissent vos yeux charmeurs
Eussent à votre souvenir mis le parfum des plus chères heures.

Trop tard je vous connais ;
D’autres soucis sont là, d’autres regrets, d’autres souhaits ;
Nous ne nous reverrons jamais.