Page:Dujardin - Poésies, 1913.djvu/245

La bibliothèque libre.
Aller à la navigation Aller à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


LA SŒUR


Je veux célébrer celle des soirs d’automne.
… Ce n’est pas que les oiselles charmeresses n’aient plus de charmes
Ni de rires lascifs ni de délicieuses larmes
Pour charmer le guerrier dont les tempes grisonnent ;

Mais voici que déjà cette âme dure aux hommes
S’incline, et qu’à voir fuir les ans il s’alarme
Et soupire… Ainsi tous, les camarades d’armes,
Commencent à rêver le repos de l’automne.

Mais chacun n’a-t-il pas une songerie chère,
Un regret, une haine, quelque chimère ?
Et peu à peu, tout à l’entour, la solitude s’amoncelle…

Oh ! ce repos du rude voyageur.
Donne-le, toi, la tendre et la belle
Et la chaste, âme docile, âme sereine, ô sœur !