Page:Dumas - Gabriel Lambert, Meline, 1844.djvu/12

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Je m’étais retiré là dans l’intention louable de travailler. J’avais dans la tête un drame bien intime, bien sombre, bien terrible, que je voulais faire passer de ma tête sur le papier.

Ce drame si terrible, c’était le Capitaine Paul.

Mais je remarquai une chose : c’est que, pour le travail profond et assidu, il faut les chambres étroites, les murailles rapprochées, et le jour éteint par des rideaux de couleur sombre. Les vastes horizons, la mer infinie, les montagnes gigantesques, surtout lorsque tout cela est baigné de l’air pur et doré du Midi, tout cela vous mène droit à la contemplation, et rien mieux que la contemplation ne vous éloigne du travail.

Il en résulte qu’au lieu d’exécuter Paul Jones, je rêvais Don Juan de Marana.

La réalité tournait au rêve, et le drame à la métaphysique.

Je ne travaillais donc pas, du moins le jour.

Je contemplais ; et, je l’avoue, cette Méditerranée d’azur avec ses paillettes d’or, ces montagnes gigantesques belles de leur