Page:Dumas - Gabriel Lambert, Meline, 1844.djvu/193

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« Dès le soir de mon arrivée, je mis ce plan à exécution. C’était il y a eu mardi huit jours. J’ignorais que l’Opéra ne jouait que les lundis, jeudis et samedis.

« J’attendis donc vainement l’ouverture des portes. Je m’informai des causes de cette solitude et de cette obscurité. On me dit que la représentation était pour le lendemain seulement.

« Je revins à mon hôtel, où je restai toute la journée du lendemain, seule avec mon pauvre enfant : je l’avais si peu vu que j’étais heureuse de cet isolement et de cette solitude. À Paris, inconnue comme je l’étais, j’osais au moins être mère.

« Le soir vint, et je sortis de nouveau.

« Je croyais que je pourrais attendre sous le péristyle, mais les sergents de ville ne me le permirent pas.

« Je vis deux ou trois femmes qui circulaient librement : je demandai pourquoi on leur permettait à elles ce qui n’était pas permis à moi ; on me répondit que c’étaient des bouquetières.

« Au milieu de toute cette préoccupation, beaucoup de voitures arrivèrent, mais je ne