Page:Dumas - Gabriel Lambert, Meline, 1844.djvu/256

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que vous en étiez si fort préoccupé que vous en avez écrasé de questions ce pauvre père Chiverny, le garde-chiourme, qui, avec son air méchant, est un brave homme tout de même.

« Eh bien donc ! voilà ce que j’avais à vous dire sur Gabriel Lambert ; écoutez bien.

« Depuis son arrivée à l’établissement, Gabriel Lambert avait pour camarade de chaîne un bon garçon, nommé Accacia, qui était chez nous pour une fadaise.

« Dans une dispute qu’il avait eue avec des camarades, il avait donné, sans le faire exprès, en gesticulant, un coup de couteau à son meilleur ami, ce qui lui en a fait pour dix ans, attendu que son meilleur ami en était mort, ce dont le pauvre Accacia n’a jamais pu se consoler.

« Mais les juges avaient pris en considération son innocence, et, comme je vous l’ai dit, quoique son imprudence eût causé la mort d’un homme, ils lui avaient donné du bonnet rouge seulement.

« Quatre ans après votre passage à Toulon, c’est-à-dire en 1838, Accacia nous fit donc un beau matin ses adieux.