Page:Dumas - Histoire d’un casse-noisette, 1844.djvu/124

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lers de légation regardaient s’il n’y avait pas quelque fenêtre ouverte pour gagner les toits.

Le désespoir de la pauvre mère fut quelque chose d’affreux. On l’emporta évanouie dans la chambre royale.

Mais c’est le malheureux père dont la douleur faisait surtout peine à voir, tant elle était morne et profonde. On fut obligé de mettre des cadenas à ses croisées pour qu’il ne se précipitât point par la fenêtre, et de ouater son appartement pour qu’il ne se brisât point la tête contre les murs. Il va sans dire qu’on lui retira son épée, et qu’on ne laissa traîner devant lui ni couteau ni fourchette, ni aucun instrument tranchant ou pointu. Cela était d’autant plus facile qu’il ne mangea point pendant les deux ou trois premiers jours, ne cessant de répéter :

— O monarque infortuné que je suis ! ô destin cruel que tu es !

Peut-être, au lieu d’accuser le destin, le roi eût-il