Page:Dumas - Le Comte de Monte-Cristo (1889) Tome 5.djvu/182

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XII


LA NUIT.


M. de Monte-Cristo attendit, selon son habitude, que Duprez eût chanté son fameux Suivez-moi ! et alors seulement il se leva et sortit.

À la porte, Morrel le quitta en renouvelant la promesse d’être chez lui, avec Emmanuel, le lendemain matin à sept heures précises. Puis il monta dans son coupé, toujours calme et souriant. Cinq minutes après il était chez lui. Seulement il eût fallu ne pas connaître le comte pour se laisser tromper à l’expression avec laquelle il dit en entrant à Ali :

— Ali, mes pistolets à crosse d’ivoire !

Ali apporta la boîte à son maître, et celui-ci se mit à examiner ces armes avec une sollicitude bien naturelle à un homme qui va confier sa vie à un peu de fer et de plomb. C’étaient des pistolets particuliers que Monte-Cristo avait fait faire pour tirer à la cible dans ses appartements. Une capsule suffisait pour chasser la balle, et de la chambre à côté on n’aurait pas pu se douter que le comte, comme on dit en termes de tir, était occupé à s’entretenir la main.

Il en était à emboîter l’arme dans sa main, et à chercher le point de mire sur une petite plaque de tôle qui lui servait de cible, lorsque la porte de son cabinet s’ouvrit et que Baptistin entra.

Mais, avant même qu’il eût ouvert la bouche, le comte aperçut dans la porte, demeurée ouverte, une femme