Page:Dumas - Le Meneur de loups (1868).djvu/96

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près desquelles les colères de Polichinelle sont de pâles colères.

Il ne criait plus, il hurlait.

Il ne jurait plus, il sacrait.

Il ne se contentait plus d’allonger des coups de fouet à ses chiens, il trépignait sur eux des quatre fers de son cheval, se démenant sur sa selle comme un diable dans un bénitier.

Toutes ces malédictions allaient à l’adresse de son premier piqueur, qu’il accusait d’ânerie, ni plus ni moins.

Cette fois, il n’y avait plus rien à dire, pas d’excuse à donner, et le pauvre Marcotte était bien honteux de la bévue de ses chiens et bien inquiet de la grande rage de monseigneur.

Il résolut donc de faire tout ce qui est au pouvoir d’un homme et même davantage pour réparer l’une et calmer l’autre.

En conséquence, il lança son cheval au galop à travers futaies et taillis, criant de toute la force de ses poumons :

– Arrière, chiens ! Arrière !

Et il distribuait à droite et à gauche des coups de fouet si vigoureux, que chacun d’eux creusait son sillon dans le poil des pauvres bêtes.

Mais il avait beau faire, beau crier, beau fouetter, les chiens n’en semblaient que plus enragés sur la voie.

On eût dit qu’ils avaient reconnu leur daim de la veille et que leur amour-propre, piqué au vif, tenait à avoir sa revanche.

Marcotte prit alors un parti désespéré : celui de traverser la rivière d’Ourcq, près de laquelle on se trouvait, et que la chasse traversait elle-même en ce moment, ou plutôt qu’elle était près de traverser.

En se pliant sur l’autre bord et en fouaillant les chiens