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LE SABBAT

— Ah ! fit Babet.

— Tu piqueras le cœur s’il s’agit de sentiment, et autre part s’il te plaît d’invoquer le mâle. J’ai dit !

— Mais, la statue ? demanda-t-elle.

— Tu l’auras demain. Ce sera deux pièces d’or.

— Je n’en ai point.

Le vieillard la foudroya d’un regard irrité.

— Tu mens, diablesse ! mais je suis plus diable que toi et je te dis que me mentir à moi, te porterait malheur.

Humble elle avoua :

— Vous les aurez.

— N’oublie pas que toi seule dois connaître l’existence de la statue de cire vierge. C’est un secret redoutable qui se perd dans la nuit des âges, et qui peut beaucoup pour le bonheur des hommes, mais il ne faut point méfaire de lui.

— Soyez tranquille !

— Car tu recevrais en retour, le choc des esprits infernaux qui sont déchaînés à te servir, et tu endurerais des douleurs atroces, puis mourrais en maudissant la vie.

Babet frissonna. Le sorcier reprit :

— À demain. Tu me trouveras, non point ici, mais près du gros arbre, dans la clairière ronde, qui jouxte la Pierre aux Fées.

— J’y serai.