Page:Dunan - Les Amantes du diable, 1929.djvu/49

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.
49
LE PACTE

pait à l’homme dont les articulations se déboîtaient lentement, il plaça son espèce de couperet dans un trou du mur juste au-dessous du prisonnier.

Ensuite il délia les jambes et les disjoignit :

— Baissez maintenant !

Ils laissèrent filer la corde.

— Là ! accrochez l’anneau.

Ils immobilisèrent le câble tendu.

— Maintenant il n’y a plus besoin que d’attendre les aveux. Ils vont venir…

Le scribe grogna laconiquement :

— Savoir ?

Et tout le monde se tut en regardant l’homme ainsi suspendu. Le poids de son corps portait maintenant sur son périnée, en contact avec le couperet qui lui servait de siège. La courbe lui emboîtait l’entre-jambe, du scrotum au coccyx, et, secoué par la douleur de ses épaules, unie à celle de la fourche, il souffrait prodigieusement.

Aucun effort d’ailleurs ne pouvait alléger ni diminuer cette souffrance. Le moindre mouvement augmentait plutôt la gêne. La sueur coulait comme un flot de sa face blême et tirée. Il ferma les yeux, pour se retenir de crier et mieux concentrer la peine qui allait lui faire avouer tout ce qu’on demanderait. Son souffle spasmodique se précipitait. Il se tut pourtant.

— C’est un rude gars, dit le supplicieur.