Page:Dunant - Un souvenir de Solférino, 1862.djvu/16

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les trois corps Schwarzenberg, Schaffgotsche et de Veigl ne peuvent parvenir à agir de concert.

Se conformant ponctuellement aux ordres de l’empereur Napoléon en gardant une position expectante qui n’est pas sans avoir sa raison d’être tout à fait plausible, le maréchal Canrobert n’engage pas dès le matin ses forces disponibles ; cependant la plus grande partie de son corps d’armée, les divisions Renault et Trochu et la cavalerie du général Partouneaux finissent par prendre une très-vive part à l’action.

Si le maréchal Canrobert est d’abord arrêté par l’attente de voir arriver sur lui le corps d’armée du prince Édouard de Liechtenstein non compris dans les deux armées autrichiennes, mais qui sorti le matin même de Mantoue préoccupait l’empereur Napoléon, le corps Liechtenstein à son tour est complètement paralysé par l’appréhension de l’approche du corps d’armée du prince Napoléon, dont la division d’Autemarre venait de Plaisance.


Ce sont les généraux Forey et de Ladmirault qui, avec leurs vaillantes colonnes, ont eu les prémices de l’engagement de cette mémorable journée ; ils deviennent maîtres, après des combats indescriptibles, des crêtes et des collines qui aboutissent au gracieux mamelon des Cyprès, rendu pour jamais célèbre, avec la Tour et le cimetière de Solférino, par l’horrible tuerie dont ces localités furent les glorieux témoins et le sanglant théâtre ; ce mont des Cyprès est enfin emporté d’assaut,