Page:Durkheim - Qui a voulu la guerre ?.djvu/14

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tout enseignement qui faciliteraient cette même propagande ;

4° À éloigner de l’armée et de l’administration tous les officiers et les fonctionnaires que le Gouvernement autrichien signalerait comme coupables au même titre ;

5° À accepter la collaboration des organes du Gouvernement impérial et royal dans la « suppression » de ce mouvement subversif ;

6° À ouvrir, contre les partisans du complot de Serajevo se trouvant en territoire serbe, une enquête judiciaire ; « des organes délégués par le Gouvernement impérial et royal prendront part aux recherches y relatives » ;

7° À procéder d’urgence à l’arrestation de deux sujets serbes, spécialement désignés comme compromis dans le complot ;

8° À empêcher le trafic illicite d’armes et d’explosifs à travers la frontière et à punir les fonctionnaires qui l’avaient permis ou facilité ;

9° À donner des explications sur les propos hostiles à la monarchie dualiste tenus par de hauts fonctionnaires serbes tant en Serbie qu’à l’étranger ;

10° À aviser le Gouvernement autrichien de l’exécution des mesures sus-énoncées.

Quarante-huit heures étaient laissées à la Serbie pour faire connaître sa réponse.

Dès que l’ultimatum eut été publié, l’avis unanime des chancelleries fut qu’il avait été conçu et rédigé de « manière à rendre la guerre inévitable ». « J’ai eu, dit Sir M. de Bunsen, ambassadeur anglais à Vienne, des entretiens avec tous mes collègues représentant les grandes Puissances. L’impression qui m’en est restée est… que le Gouvernement austro-hongrois est absolument résolu à faire la guerre à la Serbie[1]. » Les exigences autrichiennes étaient, en effet, de celles auxquelles un État ne peut souscrire à moins de

  1. Cor. B., n° 41.