Page:Duru et Chivot - La Fille du tambour-major.djvu/8

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FRANCESCA.

Il est donc défendu d’en parler.


LORENZA.

Je crois bien… il paraît même qu’il est impossible de se la procurer, cette fameuse chanson.


STELLA.

Impossible !… allons donc. (Tirant un papier de sa poche.) Tenez, la voici.


TOUTES.

Ah !


LUCREZIA.

Comment est-elle en ta possession ?


TOUTES

Oui, comment ?


STELLA.

Vous allez voir… C’était à ma dernière sortie… j’étais à Novare dans le salon de mon père… j’avais l’air de feuilleter un album, mais j’écoutais…


TOUTES, se rapprochant.

Après ! après !…


STELLA.

Il y avait là deux messieurs, un grand sec, et un petit bossu, qui causaient avec mon père… (Prenant une voix de basse.) « Oh ! oh ! disait le grand sec, vous croyez que les Français auraient la folle prétention de revenir à Milan, comme ils y sont déjà venus en 1796, il y a quatre ans… (Prenant une voix de fausset.) — C’est un bruit qui court, disait le petit bossu, mais il n’y a pas lieu de s’en inquiéter, ils ne pourront jamais entrer en Italie… — Jamais !… reprenait le grand sec, le général Mélas garde les plaines du Piémont… — Et les Alpes sont infranchissables !… Qu’ils essaient !… » Et ils riaient !… ils riaient tous les trois… surtout le petit bossu !