Page:Edgar Poe Arthur Gordon Pym.djvu/124

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La seconde tentative fut encore plus malheureuse ; car il resta si longtemps sous l’eau sans donner le signal, que, nous sentant fort inquiets pour lui, nous le tirâmes sans plus attendre ; il se trouva qu’il était au moment d’être asphyxié ; le malheureux avait déjà, dit-il, secoué la corde à plusieurs reprises, et nous ne l’avions pas senti. Cela tenait sans doute à ce qu’une partie de la corde s’était accrochée dans la balustrade au pied de l’échelle. Cette balustrade était un tel embarras, que nous résolûmes de l’arracher avant de procéder à une nouvelle tentative. Comme nous n’avions aucun moyen de l’enlever, excepté à la force des bras, nous descendîmes tous les quatre dans l’eau, aussi loin qu’il nous fut possible, et, donnant une bonne secousse avec toutes nos forces réunies, nous réussîmes à la jeter à bas.

La troisième tentative ne réussit pas mieux que les deux premières, et il devint évident que nous ne pourrions rien obtenir par ce moyen sans le secours de quelque poids qui servît à maintenir le plongeur et à l’affermir sur le plancher de la cabine, pendant qu’il ferait sa recherche. Nous regardâmes longtemps autour de nous pour trouver quelque chose propre à remplir ce but ; mais à la fin nous découvrîmes, à notre grande joie, un des porte-haubans de misaine, du côté du vent, qui était déjà si fortement ébranlé que nous n’eûmes aucune peine à le détacher entièrement. Peters l’ayant solidement assujetti à l’une de ses chevilles, opéra alors sa quatrième descente dans la cabine, et, cette fois, réussit à se frayer un chemin jusqu’à la porte de la cambuse. Mais, avec un