Page:Edgar Poe Arthur Gordon Pym.djvu/133

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.


à faire jusqu’au matin, et, nous installant de notre mieux, nous nous efforçâmes d’attraper un peu de repos. J’y réussis, pour mon compte, au delà de mes espérances, et je dormis jusqu’au point du jour, quand mes camarades, qui avaient été moins favorisés que moi, m’éveillèrent pour recommencer nos malheureuses tentatives sur la cambuse.

Il faisait alors un calme plat, avec une mer plus unie que je ne l’ai jamais vue, — le temps, chaud et agréable. Le brick fatal était hors de vue. Nous commençâmes nos opérations par arracher, mais non sans peine, un autre porte-haubans de misaine ; et les ayant, tous les deux, attachés aux pieds de Peters, il essaya d’arriver encore une fois à la porte de la cambuse, pensant qu’il réussirait peut-être à la forcer, pourvu cependant qu’il pût l’atteindre en très-peu de temps ; et il y comptait, parce que la carcasse du navire gardait sa position beaucoup mieux qu’auparavant.

Il réussit en effet à atteindre très-vite la porte, et là, détachant un des poids de sa cheville, il essaya de s’en servir pour l’enfoncer ; mais tous ses efforts furent vains, la charpente étant beaucoup plus forte qu’il ne s’y était attendu. Il était complètement épuisé par ce long séjour sous l’eau, et il devenait indispensable qu’un de nous le remplaçât. Parker s’offrit immédiatement pour ce service ; mais après trois voyages infructueux, il n’avait même pas réussi à arriver jusqu’à la porte. L’état déplorable du bras d’Auguste rendait de sa part tout essai superflu ; car fût-il parvenu à atteindre la chambre, il eût été tout à fait incapable d’en forcer l’entrée ; c’était donc à moi qu’in-