Page:Edgar Poe Arthur Gordon Pym.djvu/171

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un équipage de trente-cinq hommes, tous bons marins, sans compter le capitaine et le second ; mais elle n’était ni aussi bien armée ni aussi bien équipée qu’aurait pu le désirer un navigateur familiarisé avec les dangers et les difficultés de ce métier.

Le capitaine Guy était un gentleman de manières tout à fait distinguées, possédant une remarquable expérience de tout le négoce du Sud, auquel il avait consacré la plus grande partie de sa vie ; mais il manquait d’énergie et conséquemment de l’esprit indispensable dans une entreprise de ce genre. Il était copropriétaire du navire sur lequel il faisait ses voyages, et possédait un pouvoir discrétionnaire pour croiser dans les mers du Sud et embarquer toute cargaison qu’il pourrait se procurer facilement. Il avait à bord, comme cela est d’usage dans ces sortes d’expéditions, des colliers, des miroirs, des briquets, des haches, des cognées, des scies, des erminettes, des rabots, des ciseaux, des gouges, des vrilles, des limes, des planes, des râpes, des marteaux, des clous, des couteaux, des ciseaux à découper, des rasoirs, des aiguilles, du fil, de la faïencerie, du calicot, de la bijouterie commune, et autres articles de même nature.

La goëlette était partie de Liverpool le 10 juillet, avait passé le tropique du Cancer le 25, par 20° de longitude ouest, et le 29 ayant atteint Sal, une des îles du cap Vert, elle y avait pris du sel et autres provisions nécessaires pour le voyage. Le 3 août, elle avait quitté le cap Vert et avait gouverné au sud-ouest, en portant sur la côte du Brésil, de manière à traverser l’équateur entre 28° et 30° de longitude ouest. C’est la route habituellement suivie