Page:Edgar Poe Arthur Gordon Pym.djvu/186

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pait principalement à recueillir des peaux de phoques et de l’huile d’éléphant marin, dont elle trafiquait avec le cap de Bonne-Espérance, Glass étant propriétaire d’une petite goëlette. À l’époque de notre arrivée, le gouverneur résidait encore, mais la petite communauté s’était multipliée, et il y avait à Tristan d’Acunha soixante-cinq individus, sans compter une colonie secondaire de sept personnes sur l’île Nightingale. Nous n’eûmes aucune peine à nous ravitailler convenablement, — car les moutons, les cochons, les bœufs, les lapins, la volaille, les chèvres, le poisson de diverses espèces et les légumes s’y trouvaient en grande abondance. Nous jetâmes l’ancre tout auprès de la grande île, sur dix-huit brasses de profondeur, et nous embarquâmes très-convenablement à notre bord tout ce dont nous avions besoin. Le capitaine Guy acheta aussi à Glass cinq cents peaux de phoques et une certaine quantité d’ivoire. Nous restâmes là une semaine, pendant laquelle les vents régnèrent toujours du nord-ouest, avec un temps passablement brumeux. Le 5 décembre, nous cinglâmes vers le sud-ouest pour faire une exploration positive relativement à un certain groupe d’îles nommées les Auroras, sur l’existence desquelles les opinions les plus diverses ont été émises.

On prétend que ces îles ont été découvertes, dès 1762, par le commandant du trois-mâts Aurora. En 1790, le capitaine Manuel de Oyarvido, du trois-mâts Princess, appartenant à la Compagnie Royale des Philippines, affirme qu’il a passé directement à travers ces îles. En 1794, la corvette espagnole Atrevida partit dans le but de véri-