Page:Edgar Poe Arthur Gordon Pym.djvu/191

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l’œil pouvait atteindre. Cette glace était en quantité variée, et quelques vastes bancs s’étendaient à plusieurs milles, formant une masse compacte et s’élevant à 18 ou 20 pieds au-dessus de l’eau. La saison était avancée, et, désespérant de pouvoir tourner ces obstacles, le capitaine Cook remonta à regret vers le nord.

Au mois de novembre suivant, il recommença son voyage d’exploration vers le pôle Antarctique. À 59° 40′ de latitude il rencontra un fort courant portant au sud. En décembre, comme les navires étaient à 67° 31′ de latitude et 142° 54′ de longitude ouest, ils trouvèrent un froid excessif, avec brouillards et grands vents. Là encore, les oiseaux étaient nombreux : l’albatros, le pingouin et particulièrement le pétrel. À 70° 23′ de latitude, ils rencontrèrent quelques vastes îles de glace, et un peu plus loin les nuages vers le sud apparurent d’une blancheur de neige, ce qui indiquait la proximité des champs de glace. À 71° 10′ de latitude et 106° 54′ de longitude ouest, les navigateurs furent arrêtés, comme la première fois, par une immense étendue de mer glacée qui bornait toute la ligne de l’horizon au sud. Le côté nord de cette plaine de glace était hérissé et dentelé, et tous ces blocs étaient si solidement assemblés qu’ils formaient une barrière absolument infranchissable, s’étendant jusqu’à un mille vers le sud. Au delà, la surface des glaces semblait s’aplanir comparativement dans une certaine étendue, jusqu’à ce qu’enfin elle fût bornée à son extrême limite par un amphithéâtre de gigantesques montagnes de glace, échelonnées les unes sur les autres. Le capitaine Cook conclut que cette vaste étendue confinait au pôle ou à un conti-