Page:Edgar Poe Arthur Gordon Pym.djvu/68

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rance de vivre et conséquemment peu de chose à perdre ; — il appliqua donc tout son esprit à cette nouvelle tentative.

Ses menottes étaient la première question à résoudre. D’abord il ne découvrit aucun moyen de s’en débarrasser et craignit de se trouver ainsi arrêté dès le début ; mais, à un examen plus attentif, il découvrit qu’il pouvait simplement, en comprimant ses mains, les faire glisser à son gré hors des fers, sans trop d’effort ni d’inconvénient, — cette espèce de menottes étant tout à fait insuffisante pour garrotter les membres d’un tout jeune homme, dont les os plus menus cèdent facilement à la pression. Il délia alors ses pieds, et, laissant la corde de telle façon qu’il pût la rajuster aisément, au cas où un homme descendrait, il se mit à examiner la cloison dans l’endroit où elle confinait au cadre. La séparation était formée d’une planche de sapin tendre, et il vit qu’il n’aurait pas grand mal à se frayer un chemin au travers. Une voix se fit alors entendre en haut de l’échelle du gaillard d’avant ; il n’eut que tout juste le temps de fourrer sa main droite dans sa menotte (la gauche n’était pas encore débarrassée de la sienne), et de serrer la corde en un nœud coulant autour de sa cheville ; c’était Dirk Peters qui descendait, suivi de Tigre, qui sauta immédiatement dans le cadre et s’y coucha. Le chien avait été mené à bord par Auguste, qui connaissait mon attachement pour l’animal, et qui avait pensé qu’il me serait agréable de l’avoir auprès de moi tout le temps du voyage. Il était venu le chercher à la maison de mon père immédiatement après m’avoir conduit dans la cale, mais