Page:Edgar Poe Arthur Gordon Pym.djvu/78

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cendit dans le but de retourner au gaillard d’avant sans perdre de temps. Dans sa précipitation, il culbuta avec lui quelques petites caisses, dont le bruit, on se le rappelle, parvint à mon oreille. Il avait déjà fait passablement de chemin pour s’en retourner, quand la chute de mon couteau le fit hésiter de nouveau. Il revint immédiatement sur ses pas, et, grimpant une seconde fois par-dessus l’arrimage, il cria mon nom aussi haut qu’il avait déjà fait, en profitant d’une accalmie. Cette fois-ci, la voix m’était enfin revenue. Transporté de joie de voir que j’étais encore vivant, il résolut de braver toutes les difficultés et tous les dangers pour m’atteindre. Se dégageant aussi vite que possible de l’affreux labyrinthe dont il était enveloppé, il tomba enfin sur une espèce de débouché qui promettait mieux, et finalement, après des efforts multipliés, il était arrivé à ma caisse dans un état de complet épuisement.




VI


LUEUR D’ESPOIR.


Tant que nous restâmes auprès de la caisse, Auguste ne me communiqua que les principales circonstances de ce récit. Ce ne fut que plus tard qu’il entra pleinement dans tous les détails. Il tremblait qu’on ne se fût aperçu de son absence, et j’éprouvais une ardente impatience de quitter mon infâme prison. Nous résolûmes de nous diriger tout de suite vers le trou de la cloison, près duquel je devais rester pour le présent, pendant qu’il irait en