Page:Edmond - Louis Blanc, 1882.djvu/18

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continuait toujours à avoir l’air d’un enfant.

M. Lefèvre jugea donc utile de diviser la rédaction en chef en deux parts : l’une, effective, échut en partage à Louis Blanc ; l’autre, représentative, fut adjugée à M. Maillefer.

En cas de divergence entre les deux directeurs, les membres de la rédaction se réunissaient et procédaient au vote, lequel décidait de l’admission ou du rejet de l’article en litige.

La combinaison Lefèvre exerça une influence indirecte il est vrai, mais funeste, sur un douloureux événement de cette époque. Sans elle, le duel d’Armand Carrel n’aurait pas eu lieu. Connexité étrange et qui, si je ne me trompe, paraît ici pour la première fois au grand jour.

On se rappelle la fameuse entrée en campagne d’Émile de Girardin au sujet de la presse à bon marché. Si démocratique que fût l’idée, elle n’en provoqua pas moins pour cela un tolle général de tous ceux qui, au point de vue de leurs intérêts, redoutaient sa mise en pratique. Capo de Feuillide, un des rédacteurs intermittents du Bon Sens, résolut de la combattre. Il trempa sa plume dans le venin et élabora un factum déversant sur la tête du novateur les plus violents outrages.