Page:Eliot - Middlemarch, volume 1.djvu/213

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m’occupe à la fois de la faune et de la flore ; mais j’ai bien réussi du moins avec mes insectes. Nous sommes singulièrement riches en orthoptères. Je ne sais pas si… Ah ! vous vous êtes emparé de ce bocal ; c’est cela que vous regardez au lieu de mes tiroirs. Vous ne vous intéressez pas sérieusement à tout cela, n’est-ce pas ?

— Non, surtout pas à côté de cet adorable monstre acéphale. Je n’ai jamais eu le temps d’étudier beaucoup l’histoire naturelle. L’étude de la structure humaine a été pour moi une source d’intérêt et de vif plaisir, et c’est bien ce qui se rapporte le plus directement à ma profession. En dehors de cela ; je n’ai point de manies, mais, là, j’ai un véritable océan où je puis nager.

— Ah ! vous êtes un heureux mortel, dit M. Farebrother tournant sur ses talons et se mettant en devoir de bourrer sa pipe. Vous ne savez pas ce que c’est que d’avoir besoin de tabac d’Église. Mauvaises corrections des anciens textes, petits articles Sur une Variété de l’Aphis brassicæ, avec la signature bien connue de Philomicron pour le Twaddler’s Magazine ; ou encore un traité savant sur l’entomologie du Pentateuque comprenant tous les insectes qui n’y sont pas mentionnés, mais que les Israélites ont dû rencontrer dans le désert. Ajoutez à cela une monographie de la fourmi chez Salomon, montrant l’harmonie qui existe entre le Livre des Proverbes et les résultats des recherches modernes. Vous ne craignez pas ma fumée, n’est-ce pas ?

Lydgate fut plus surpris de la franchise de ce discours que de sa signification même : le vicaire ne se sentait donc pas tout à fait dans sa vraie vocation. L’arrangement soigné des tiroirs et des rayons, et l’étagère remplie de volumes illustrés et coûteux sur l’histoire naturelle, ramenèrent sa pensée aux bénéfices de jeu du vicaire et à leur destination probable. Mais il commençait à souhaiter que toute la conduite de M. Farebrother pût s’expliquer dans le