Page:Eliot - Middlemarch, volume 1.djvu/478

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d’ajuster son lorgnon et de remuer les différents papiers qui étaient devant lui. Enfin il reprit :

— Il y a quelque chose dans ce que vous dites, ma chère… quelque chose, mais pas tout… eh ! Ladislaw ? Nous n’aimons pas, vous et moi, qu’on trouve à redire à nos tableaux et à nos statues. Les jeunes ladies sont un peu promptes, vous savez… un peu tout d’une pièce, ma chère. Les beaux-arts, la poésie, etc., élèvent une nation, emollit mores, vous comprenez un peu de latin, maintenant. — Mais… quoi ? que voulez-vous ?

Ces interrogations s’adressaient au valet de pied qui venait d’entrer, disant que le garde avait surpris un des garçons de Dagley avec un levraut tout fraîchement tué dans les mains.

— Je viens… je viens. Je le tiendrai quitte à bon marché, vous verrez, dit M. Brooke tout bas à Dorothée en s’éloignant gaiement de son pas hésitant.

— Vous sentez, n’est-ce pas ? combien est équitable ce changement que je… que sir James désire, dit Dorothée à Will des que son oncle fut parti.

— Je le sens maintenant que je vous ai entendu parler. Je n’oublierai pas ce que vous avez dit. Pouvez-vous cependant vous occuper d’un autre sujet en ce moment ? Il se peut que je n’aie plus d’autre occasion de vous parler de ce qui s’est passé, dit Will se levant avec un mouvement d’impatience et tenant de ses mains le dossier de sa chaise.

— Qu’est-ce donc ? Dites-le-moi, je vous en prie, dit Dorothée avec inquiétude, se levant aussi et se dirigeant vers la fenêtre ouverte par laquelle Monk la regardait, haletant et agitant la queue.

Will la suivait des yeux.

— Vous savez, je pense, que M. Casaubon m’a défendu l’entrée de sa maison.

— Non, je ne le savais pas, dit Dorothée après un ins-