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pointue foit un figne de ftupiditéj & c’efl ainfi qu’Homère reprélente Therfite. On croit qu’âne petite tête eft une marque de bon fens ; mais elle devient une marque de bêtii’e fi elle eft portée fur un long cou ; elle donne à l’homme une conformation qui a du rapport avec celle de l’oie , animal vorace & : llupide. La peau du front ridée & abattue fur les fourcils eft un figne de cruauté ; fi elle couvre trop de graifle , elle eft celui d’un elprit groflier. Des fourcils qui le touchent & s’épaifliffent auprès du nez témoignent de la méchanceté. S’ils font extrêmement arqués, ils donnent l’exprelîion d’un étonnement ftupide qui témoigne peu d’efprit : mais quand ils font médiocrement épais • !& modérément taillés en arc , ils font le figne d’une ame calme , d’un ij efprit modéré.

’ ! Les yeux bien fendus & brillans témoignent une ame faine ; ceux q li fortent de la tête n’indiquent que de la bêtife ou de la méchanceté. Les yeux enfoncés font un figne d’envie, de perfidie : trop rapprochés l’un de l’autre , ils indiquent de la cruauté-

Des cheveux bruns témoignent de la force & le courage qu’elle infpire ; les cheveux blonds font une marque de d^licateffe qu’accompagne ordinairement la douceur ; on regarde vulgairement les cheveux roux comme la marque d’un caraûère dangereux. Il » Si le peintre , continue Félibien , veut " rt repréfenter quelque grand perfonnage, avec » les marques d’un homme fort & vaillant , n il le fera d’une taille droite & haute, les a épaules larges , l’eftomac puiffant, les jointures & toutes les extrémités bien marquées, j) les cuifTes charnues, les jambes affez pleines, » les bras nerveux , la tête ronde & plutôt » petite que grofTe , le teint vif, les yeux » brillans & bien fendus , le front uni , le » vifage d’une belle forme , mais convenable » à fa condition & à la nature de fon pays ». » Un homme timide & poltron au contraire, T) aura les cheveux mous Se abbattus , une » foiblefTe par tout le corps , le col un peu » long, la vue trouble, les épaules ferrées & s l’eftomac petit «.

» S’il faut repréfenter un homme d’une condition diftinguée , il faut le faire d’une » taille haute ik dégagée, tel que nous voyons « la ftatue d’Antinous ; la chair médiocrement >i délicate, blanche, & un peu mêlée de rouge. » Que les cheveux ne folent ni plats, ni trop s frifés, les doigts longs, le vifage ni trop X plein r.i trop maigre, le regard’ gracieux : » & après tout cela, il faut que le jugement » du peintre difpofe toutes les parties du corps L » avec une praporticn conforme aux perfonnes [i p qu’il veut repréfenter, faifant paroître dIus Seaux-Ans. Tome II, ’

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» de grâce Sr de nobleffe dans les uns que dans » les autres ».

» S’il veut peindre un ftupide, il doit con- >» fidérer que de telles gens ont ordinairement » le vifage peu animé & plein de chair, te » ventre gros, les cuiffes puifFantes, les jambes » graffes , le front rond, les yeux fixes ou » égarés ».

» Un homme fou & méchant aura les cheveux rudes , la tête petite & mal formée , » les oreilles grandes & pendantes , le col » long, les yeux fecs &obfcurs, petits & enfoncés , ou enflés comme ceux d’un homme n ivre qui vient de dormir , avec le regard » fixe & le menton fort grand ou fort court, » la bouche grande, le dos un peu courbé, » le ventre gros , les cuiffes & Iqs extrémités » des pieds & des mains dures & pleines de » chair, le teint pâle , & : néanmoins rouge » au milieu des joues ».

» Toutes ces remarques font des obfervations générales • on peut en faire encore d’autrès particulières , afin de repréfenter deux méchants hommes qui ne fe reiTembieront pas, » 8c qui auront cependant tous deux des fignes » de méchanceté. C’eft ainfi que Raphaël & » Léonard de Vinci ont peint différemment » le traître Judas , dans les tableaux qu’ilsont faits de la Cène , l’un aux loges du » Vatican & l’autre à Milan ; car bien que )3 ces deux fignes n’aient aucune relTemblance, n on y voit néanîmoins tous les fignes d’un » méchant efprit. » (L)

PIERRE ( fubft. fem.) Sébaft’en de Venife , qu’on nomme plus communément Frà Baftian del piombo , n’avoit pas une manière d’opérer allez facile pour réulTir dans le genre de la frefque qui exige une manœuvre très-expéditive. Il voulut y fuppléer par la peinture à l’huile fur la pierre ; mais il s’apperçut que les peintures en ce genre , faites par les premiers peintres qui avoient travaillé à l’huile en Italie , avoient d’abord pouffé au noir , & s’étcient efîacées en peu de temps. Il imagina , pour obvier à cet inconvénient , une compolition de poix & de maftic fondus & mêlés enfemble, & : il en fit enduire avec de la chaux vive les muts qu’ils ïç propofoit de peindre. Par ce moyen , fes ouvrages n’étoient point attaqués par l’humidité, & : confervoient le premier éclat de leurs couleurs. Il employa ce procédé pour travailler fur les pierres les plus dures.

Le même artifte imagina de peindre fur des pierres de diverfes couleurs, & les couleurs même de ces pierres fervoient de fond à la peinture. Cette nouvelle manière eut beaucoup de partifans , &. ce fut pour affurer la durée aux ouvrages en ce genre qu’on lui demandoit}