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RIT RIT 267

Dans les sacrifices magiques, on immoloit des chiens à Hécate.

Le porc étoit sacrifie en l’honneur de Cérès.

Le principale victime offerte à Apollon étoit un jeune taureau, dont les cornes étoient dorées. On lui sacrifioit cependant aussi des chêvres, des boucs & des brebis.

Les taureaux, les chevaux étoient des victimes agréables au Dieu Mars.

Minerve recevoit des sacrifices de taureaux & d’agneaux : mais on ne lui offroit pas de chêvres.

La chasseresse Diane étoit honorée par des sacrifices de cerfs & de vaches.

A Bacchus, on sacrifioit des boucs, des brebis, & même des porcs, parce que ces derniers animaux gâtent les vignes.

Le porc étoit aussi offert à Hercule : & le bouc, au Dieu Pan.

Vénus recevoit des sacrifices de toutes sortes d’animaux, excepté des porcs.

Les riches sacrifioient aux Dieux Lares un jeune taureau, & les gens peu aisés un agneau femelle.

Le coq étoit consacré aux sacrifices d’Eseulape.

On voit par un bas-relief publié dans l’Admiranda, que le taureau conduit au sacrifice a sur la tête une sorte de diadême. Dans la colonne trajane, les taureaux ont sur le dos une pièces d’étoffe longue & étroite, à peu-près comme nos étoles. En général les victimes étoient parées de fleurs, de feston, de bandelettes.

Quoique nous n’ayons parlé que de quadrupedes entre les victimes, on offroit aussi en sacrifice toutes sortes d’oiseaux. On voit dans l’Admiranda un sacrifice de fruits qu’une prêtresse ou un galle offre à Cybele. Une femme joue de la flute double, une autre frappe le tympanon, instrument consacré à cette Déesse.

Les plus somptueux sacrifices que l’on offrît au Dieu Mars se nommoient Suovetaurilia : parce qu’on immolait à la fois un porc, un bélier & un taureau. C’est probablement à tort qu’on les a confondus avec les Solitaurilia, dont parlent Caton & Festus, & qui, suivant le dernier, consistorent dans le sacrifice d’un seul taureau. Les Suovetaurilia étoient destinés à la lustration ou purification des champs, des villes, des armées, des camps militaires. On faisoit faire processionnellement aux victimes le tour de ce qu’on vouloit purifier. Le porc marchait la premier, le bélier suivoit, & lui-même précédoit le taureau. Chaque victime étoit conduite par un victimaire.

On voit sur la colonne trajane deux représentations de Suovetaurilia. Dans l’une le verrat


& le taureau ont sur le dos une espèce d’étole terminée par des franges. Dans l’autre le taureau seul a cette étole, & le verrat a sur le dos une guirlande de feuilles, mais dans toutes doux le bélier n’a ni étole ni guirlande. Le sacrificateur, qui est l’empereur Trajan lui-même, est vêtu de la toge & a la tête voilée, tandis que, dans d’autres sacrifices, il a la tête découverte, & n’est vêtu que d’une tunique, recouverte d’une chlamyde.

On voit sur l’un des bas-reliefs de Constantin, le même empereur offrir à Mars un sacrifice non-sanglant. Il a la tête voilée, mais au lieu de toge, il n’a par dessus sa tunique qu’une chlamyde : d’un main il tient une pique, & de l’autre une patere de laquelle il verse du vin sur un autel enflammé.’Trois guerriers l’accompagnent, tous en tunique & en chlamyde, & tous armés d’une pique. L’un d’eux touche l’autel. (Extrait de l’antiquité expliquée de Bernard de Montfaucon.)


Fêtes des Grecs.


Il peut être utile aux artistes de connoître les principales fêtes des Grecs, celles qui peuvent fournir des sujets à leur art. Nous les disposerons par ordre alphabetidue.


ADONIA, ou fêtes d’Adonis. Elles étoient lugubres & rappelloient la douleur que Vénus avoir éprouvée lorsque ce pasteur qu’elle aimoit fut tué par un sanglier. Les femmes, à l’imitation de la Déesse, pleuraient & poussoient des gémissemens. Elles portoient des figures avec les mêmes cérémonies qui étoient employées dans les funérailles des morts, & chantoient des airs qui répondoient à la tristesse dont elles feignoient d’être affectées Ces chants étoient accompagnés de petites fluttes qui rendoient un son plaintif. Les femmes de Biblos se frappoient le visage & la poitrine & se faisoient râser les cheveux. On honoroit Adonis par des offrandes de tous les fruits de la terre. Après l’avoir pleuré pendant un jour, on se réjouissoit le lendemain de sa résurrection. Cette fête se eélébroit dans le temps des semailles.


Amphidromia. Ce n’étoient point des fêtes publiques, mais des réjouissances privées que les citoyens célèbroient dans leurs maisons, ou plutôt c’étoient des cérémonies d’usage qui se faisoient dix jours après la naissance d’un enfant. On le portoit en courant autour du foyer, on lui donnoit le nom qu’il devoir conserver toute sa vie, on recevoit de ses amis des félicitations & des présens, & la fête se terminoit par un sacrifice aux Dieux & par un repas. On le célèbroit pendant la nuit.


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