Page:Encyclopédie méthodique - Beaux-Arts, T02.djvu/317

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S : fitjîes progrès afTez rapides pour que , trois ans après, un riche financier le chargeât de décorer~un ^hâieau qu’il poiïedoic prè ? ce Montj pellier. Le jeune homme vouloit refufer cette eotreprife, peri’uade qu’il feroit plus utile à fon avancement Je continuer encore d’être élève à Paris, ^tie d’aller, loin de ia capitale & des yeux de l’es maîtres, s’erigcr en maître lui-même. Mais on lui fit comprendre que le féjour d’un lieu voifin de Montpellier le rap-I procheroit de Rome, & c]u’il pourroit en faite ’ le voyage arec ie prix des ouvrages qu’on lui ofFroic. Ces motifs le déterminèrent, il partit, & travailla pendant dix-huitr mois à la décoration extérieure du château ; mais quand on lui offrit de Ce charger encore de la décoration intérieure, il refufa opiniârrement, Tentant bien que des travaux ne font pas des études, qa’au contraire ils en détachent, & que la jeuneffe n’efl : pas le temps oiî l’on doit entreprendre àe grands ouvrages, mais où l’on doit fe préparer à en entreprendre un jour. Il pattit pour Rome.

L’académie de cette ville, inflituée fous le îiom de Laint-Luc, propole chaque année des prix qui ne font pas un fimple encouragement pour les élèves , mais un titre d’honneur pour •Ses airt.’ftes déjà formés. Des artiftes renon.més n’ont pas dédaigné d’y concourir. Ils fe diflrituent dans la grande falle du capitole richement ornée : les cardinaux, les ambaffadeurs des cours étrangères Se les perfonnes les plus diftinguées de Rome, ajoutent, par leur préfence , à la pompe de cette cérémonie. Un difcours la précède & ell quelquefois, prononcé par un prélat ; des vers font récités à la louange, des vainqueurs. Adam , âgé de vingt-trois an.---, ne craignit pas d’entrer dans le concours, & fa jeune audace fut récompenfée par les honneurs du couronnemenr. Er.coutagé parce titre de gloire qu’il vouloit foutenir, il étudioit avec ardeur les chefs-d’œuvre de l’antiquité, il en reftauroit quelquefois des débris, & donnoit à la peinture l’es inftans de récréation.

Il revint à Paris en 1734 & fit pour lâcha-pelle de Verfailles un bas- relief qui eft mis au nombre de l’es meilleurs ouvrages. Il repréfente le martyre de Sainte-Victoire, vierge chrétienne , frappée près de l’autel de Jupicer pour avoir re&ife de lui offrir de l’encens. Il eut part avec fon frère au principal grouppe du baffin de Neptune à Verfailles : c’eft de lui que font la figure de la Néré’ide , l’enfant, la vache marine, les monflres marins, & le Dauphin. 11 fculpta dans les nouveaux appartemens de l’hôtel de Soubife, quatre grouppes en iluc , S ; fat chargé des figures delà Juftice & de la Prudence qui ornent la principale sntrée de la chambre des comptes. Ou voit S C U 507

de lui, dans une chapelle de l’églife de Saint--Louis, qui fut autrefois celle de la maifon profère des Jéfuites, un grouppe repréfentant la Religion ; elle infiruit un jeune américain qui embraffe la cvoix. Le portail de l’oratoire, rue S’aint-Honoré, offre du même artifte un grouppe de l’Annonciation placé à la hauteur dn premier ordre d’architefture , & deux médaillons audeffus des portes. Le roi de Pologne Staniflas Lecïinski le choifiç. pour élever à la reine fon. épo.ife un maufolée dans l’églife de Bon-fecours, près de Nancy ; ce monument a trente pieds de haut ll :r dix huit de large. L’un des derniers ouvrages d’Adam fut fon Promethée, dont il fit hommage à l’académie pour fa réception. Cet artifte iut fupérieur à Ion frère, fans atteindre cependant à la hauteur des ftatuaires d’un très-grand goût. Il eu mort à Paris ea 177S , âgé de foixajite quatorze ans. {60) Jean-Baptiste Pigalle, né à Paris en 1714 , fut élevé de le Lorrain & de Leinoyne le père. Il montra d’.ibord peu de difpofition , ik vainquitparle travailles obftacles que lui oppofoit la nature. Aidé par le fecours de quelques amis, il fit le voyage de Rome, & y mena la vie la plus laborieufe. On affure qu’il commcnçoitfes études à cinq heures du matin pour ne les quitter qu’à onze heures du foir, La pratique des fculpteurs étoit de copier en petit & de ronde bofl’e, les figures antiques qui écoient de ronde-bofTe elles-mêmes. Les préparatifs de ce travail . le foin de le conferver prenoit un temps précieux qui étoit perdu pour l’écude : Pigaile s’épargna cette perte en les copiant en demi-relief. Il palTa trois ans à Rome,. ik à fon retour, il fut arrêté à Lyon par différons travaux. Ce fut dans cette ville qu’il commença cette flatue de Mercure qui fuffit feule à fa réputation , & qui lui ouvrit l’entrée de l’académie royale. Elle eut un tel fuccès qu’il fut obligé d’ouvrir fon attelier ai’ public avide de l’admirer. Un jour un étranger s’écria : jamais les anciens n’ont rien -fait de plus beau. Pigalle s’approcha & lui dit : Pour parler ainjî , ave-voas bien étudie les ftaïues des anciens ? Et vous Mon fteur, répondit l’étranger au ftaruaire, fans le connoître , a.e :^-vous bien étudie’ cette figure-là ? -

Il exécuia cette figure en grand par ordre du roi, & fit dans la fuite une Vénus pour feryir de morceau correfpondant. On rendit juftice à l’art avec lequel il avoir exprimé la délicatelFe, la foupleffe des chairs : mais on jugea qu’il n’avoit point égalé le mérite de fon premier ouvrage. Le roi de France a fait préfent de ces deux monumen.s au roi de Priiffe. Pigaile fit pour la marquife de Pompadour , c^ui aimoit les arts, & afFeâoit même de les cultiver, le portrait en pied de cette dame, Q q g