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chant que Dipceniis & Sycillis écoîenf de Cr^îe, | & qu’ils étoien : ftacuasres, les auront regardés | comme des élèves ou des fiis du célèbre llatuaire Dédale d’Athène ?. Ce qui me confirineroit dans ceite conjefture, c’eft que Pau- calque fanias ne fpécifie point le Dédale dont il parle que par ccnlequent on peut croire qu’il entendoit le plus célèbre des Dédales, celui dont tout le monde connoiffoit le voyage & : les aventures en Crète.

Pline dit que les deux frères vinrent à Sicyone, attirés par 1-a réputation qu’avoir cotte vilie pour tous les ans qui s’exercent iur le ; métaux :’ auroit-il donné ce motif de leur vo5’age, s’il avoir cru qu’ils étoient nés d’un ârtifte Sicyonie’n ? N’auroit-il pas dit plutôt qu’ils avoie*it quité la Crète pour revenir dans la patrie de leur père ? Ils firent à Sicyone les ftatues d’Apollon, de Diane, d’Hercule, de Minerve. Les villes d’Ambracie, d’Argos, de Cléone furent remplies de leiirs ouvrages , la plupart faits en marbre de Paros. Ils firent cependant en ébène plufieurs ftatues à Argos : telles étoient dans le tetnpîe de Caftor & de PoUux, celles de ces fils de Jupiter, d’Hilairc & de Phébé leurs époufes , d’Anaxis & de Mnaiinoiis leurs enfans : les chevaux étoient ei :x-mêmes d’ébène, excepté quelques fotbles • parties q ;ii étoient d’ivoire. Ce mélange efl remarquable, parce qu’il tient à ’un amour pour la bigarrure qu’on a pu trop fouvênt reprocher aux Grecs dans les arts , & qui ne s’accorde pas avec la iufceffe & la pureté générale de leur goût,"

Les deux frè-es furent les maîtres d’une grande école, & cet honneur eft : un témoignage de la célébrité dont ils jouiffoient, C’efl la renommée des artifle. ; qui attire un grand r.ombre d’élèves dans leurs acteliers. (il) Tecteus et Akgeiiok, fortis de l’école de L’ipœnus & Scyllis, furent fans doute très eftimés puifqu’on les chargea de faire , <3àns le temple de Dé’os, les fVatues d’A •pollon & de Diane. On ne choifit pas àes artifles obfcurs pour décorer des temples renomsnés.

(ri) LïARQUE de Rhégium, forti de la nêiiie école, avoit fait la plus ancienne fratue ë’airain que l’on connijt du temps ’de Paufari-as. Elle repi-éfentoit Jupiter. Cet ouvrage étoit «le plufieurs pièces réunies par des doux. Nous ne faifons que tranfcrire le récit de Paufanias qui ne iembîe pas être ici parfaitement d’accord avec lui-même^ : car il parle ailleurs de certaines fl-atues d’airain comme fi elles euffent encore cxifté de fon temps , & qui dévoient êîre glus anciennes a^e i’^uvra^e de Léarque. S C U

(13) DoRYCLiDAs , & Medon, de Licéài* mone , avoienc eu aulli pour maî :re Dipœnus & Scyllis. On conniiilbit du prtmter uns Thémis ; & : du fécond, une Minerve armée d’un (14) DoNTAs aufîl Lacédémonien , & difcipls des mêmes maiires avoit fait des ftatues dans le trclbr d’Olympie.

(15) Théoclès, concitoyen & condifciple des derniers artifles que nous venons de nommer, avoit fait les î-îefpérid :s au nombre da cinq. Il repréfenta aufli dans le tréfor des Epidamniens, à Olympie, Atlas Ibutenant le ciel, Hercule venant pour enlever les pommes d’or des Kefpérides & : le dragon enveloppant l’arbre de fes plis. Ces derniers ouvrages étoient d«  bois de cèdre.

(16) BupAiE & Athenis, de Chio, étoient fils d’Antheime ’& : arrière-petit fils de Malay. Ils étoient contemporains d’Hipponax , & vivoienc par confequent dans la 6o* olympiïde, 540 ans avant nore ère. Ils étoient en mém» temps ftatuaires & architeftes ; un paflage d» Pline infinue aufTi qu’ils étoient peintres, & Acron , ancien commentateur d’Horace , la dit fans aucune équivoque. Le poète Hipponax ctoit fort laid ; les àeux frères peignirent fon portrait, Se chargèrent tellement l’a laideur, qu’ils l’expofcrent à ia rife du peuple. Le poèt» irrité répandit contre eus des poèfies fi amèrej qu’on a cru oii’ils s’éroient pendus de defefpoir, Pline réfute cette dernière circonftance , en rapportant qu’ils firent encore un grand nombre d’ouvrages depuis qu’HipponJix les eut pri» pour objets de fes vers iàtiriques. Entre ces ouvrages, on en célébrait un qu’ils avoient fail pour uélos ; & fous le quel on grava cette infcription : CJiio nejî pas moins illiiflre par les talens des fils d Anterme , que par fa puiffance. Les Sufiens monrroient une Diane, ouvrage de ces artiflres. On en voyoit une au(^ fi à Chio , qui lemblait trifte à ceux quî entroient & gaie à ceux qui fortoient : les exoreihons de Plin’^ montrent qu’il ne croyoii pas à ce phénomène de l’art : cependant M. Falconet ne le regarde pas comme impoffible. a La manière, dit-il, dont une tête eft éclairée , peut prodiàre jui’qu’à un certain degri n ces deux exoreflions fi différentes ! une lu- >’ miâre large d’un côté, des om.bres coupée» » de l’autre, Tuffiient pour occafionnerrillufion : » ajoutez que l’emplacement élevé, lapofition » de cette tête, le lens dont elle étoit tourne* » pouvoienty contribuer. Peut-être auffi la tête » do Diane étoit - elle travaillée d’un côté » différemment que de l’autre , & cela à un»

» fip religieufe ; le peuple , qui ne lavoir pas