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BADIGEON. (subst. masc.) BADIGEONNER, (v. act.), Le badigeon est la couleur dont on se sert pour procurer aux vieux édifices on air de nouveauté, aux pierres noircies par le temps l’apparence de pierres fraîchement taillées. Voici comment il se compose. On prend un seau de chaux éteinte ; on y joint un demi-seau de sciûre de pierres, à laquelle on mêle plus ou moins d’ochre de rut, suivant le ton qu’on juge à propos de donner au badigeon. On détrempe le tout dans la quantité d’un seau d’eau, où l’on a fait fondre une livre d’alun de glace, & on badigeonne, c’est-à-dire, on enduit l’édifice avec cette composition à l’aide d’une grosse brosse. On peut suppléer à la sciure de pierres par de l’ochre de rut ou de l’ochre jaune. On peut aussi piler des éclats de pierres de Saint-Leu, & les réduire en une poudre que l’on passe au tamis. Il en résulte avec la chaux un ciment très-difficile à ronger par l’air.


BALLE. (subst. fém.) Instrument dont se servent les imprimeurs de livres pour prendre l’encre & en enduire les planches. Il est rond à-peu-près comme un ballon, & est armé d’une poignée. La partie qui prend le noir est de cuir. Les graveurs en bois doivent avoir des balles pour tirer eux-mêmes leurs épreuves : elles sont plus petites & plus légères que celles des imprimeurs. On en peut voir la forme, planche II de la gravure en bois, figure 42. La balle est, pour l’impression des livres & des planches en bois, ce qu’est le tampon pour l’impression des planches en cuivre.


BERCEAU. (subst. masc.) Instrument d’acier qui sert au graveur en manière noire, pour faire sur le cuivre le grain qu’exige ce genre. Le berceau a à-peu-près la forme d’un ciseau, mais il se termine à l’une des faces par un biseau, & à l’autre par des entailles perpendiculaires. C’est le côté du biseau qu’on aiguise. On le promène sur le cuivre en le berçant, & c’est de là qu’il a tiré son nom. On peut adapter au berceau des manches de différentes formes ; l’artiste choisit celle qui lui paroît la plus commode.


BILBOQUET. (subst. masc.) Instrument du doreur. C’est un petit morceau de bois, dont la surface est unie, & sur laquelle on a adapté de l’écarlate. Voyez l’article Dorure.



BISTRE. (subst. masc.) Couleur brune & un peu jaunâtre, dont les dessinateurs se servent pour faire le lavis. On s’en sert aussi pour peindre en miniature. Pour faire le bistre, on prend de la suie de cheminée, on la broye avec de l’urine d’enfant sur le porphyre, ou sur la sorte de pierre qu’on appelle écaille de mer, jusqu’à ce qu’elle soit parfaitement affinée ; on l’ôte de dessus la pierre pour la mettre dans un vaisseau de verre de large encolure, & on remue la matière avec une spatule de bois, après avoir rempli le vaisseau d’eau claire : on la laisse ensuite reposer pendant une demi-heure. Le plus gros tombe au fond du vaisseau, & l’on verse doucement la liqueur dans un autre vase, par inclinaison : ce qui reste au fond est le bistre le plus grossier que l’on jette. On fait de même de ce qui est dans le second vaisseau. On remet la liqueur dans un troisième, & on en tire le bistre le plus fin, après l’avoir laissé reposer pendant trois ou quatre jours. On doit procéder de la même manière pour faire toutes les couleurs dont on doit se servir au lavis, afin d’avoir des couleurs qui ne fassent point corps sur le papier, c’est-à-dire qui s’y étendent sans epaisseur ; car cette sorte de dessin ne souffre que des couleurs transparentes.

On prépare encore le bistre en faisant bouillir la suie de cheminée cinq ou six gros bouillons, avec de l’eau à discrétion, dans un chaudron exposé sur un grand feu. On la remue de temps en temps avec un petit bâton. Le bistre s’emploie comme l’encre de la Chine. (Ancienne Encyclopédie.)

Le meilleur bistre, & qui n’exige aucune préparation, est la liqueur brunâtre & onctueuse qui distille des tuyaux de poëles. Il s’emploie tel qu’il se recueille. Si l’on ne peut s’en procurer, il est toujours facile d’en composer par le second procédé que nous avons transcrit. Il n’y a pas d’inconvéniens à faire bouillir l’eau davantage jusqu’à ce qu’elle ait éprouvé une certaine réduction. Le bistre en sera d’une couleur plus profonde, & on sera toujours maître de la dégrader, en mettant plus ou moins d’eau dans le pinceau.


BLANC. Le blanc le plus commun est celui qu’on nomme Blanc de Rouen, ou de Bougival, plus ordinairement Blanc d’Espagne. Il est généralement cnnu par l’usage qu’on en fait pour nétoyer l’genterie ; il sert aussi à la peinture, du moins à celle en détrempe ; car