Page:Encyclopédie méthodique - Jeux mathématiques, P2.djvu/1

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68 E C H d'échecs du monde, qui avoient recours à fes décifions dans les coups finguliers & difficiles. Les auteurs qui ont traité du jeu des échecs n’ont donné (dit Philidor dans fon Avant-propos ) que des inftructions im- parfaites & infuffifantes pour former un bon joueur ; ils ne fe font uniquement occupés qu’à enfeigner des ouvertures de jeux , & enfuite ils nous abandonnent au foin d’en étudier les fins, de forte que le joueur refie à-peu-près auffi embarraffé que s’il eût été contraint de commencer la partie fans inftruction. J’ofe dire har- diment, ajoute-t-il , que celui qui faura mettre en usage les règles que je donne ici , ne fera jamais dans le même cas. J’omets tous les mats, excepté celui du fou & de la tour, contre une tour adver- faire , étant le mat le plus difficile qu’il y ait fur l’échiquier. Enfin, mon but prin cipal efi de me rendre recommandable par une nouveauté dont perfonne ne s’eft avifé , ou peut-être n'en a été capable ; c ’eft celle de bien jouer les pions ; ils font l’ame des échecs ; ce font eux qui forment uniquement l’attaque & la défenfe, & de leur bon ou mauvais arrangement dépend entièrement le gain ou la perte de la partie.

Dans les quatre premières parties ci- après on verra , depuis le commencement jufqu’à la fin, une attaque & une défenfe régulière de part & d’autre. On y pourra apprendre par les réflexions que je donne fur les coups principaux , & qui paroillent les moins intelligibles , la raifon pour laquelle on efl contraint de les jouer, & qu’en jouant toute aune chofe on perd indubitablement la partie. C’dl c e qu e je fais par des re11vois , afin qu’en voyan t les effets, on r uiffe d’autant mieux en concevoi r Jes raifons. On yerra dans les gamlJiu que ces fortes ’ de parües ne décident rien en fa veur de • ECH celui qui attaque, ni de celui qui les c :léfend , & lorfoq u’on joue bien de part & d’autre la partie fe réd uit plutôt à une remife qu’à un gain affur_é d’un côté ou de l’autre . Il efi vrai que fi l’ un ou l’autre fait une f.t ute dans les dix ou do uze pre- { miers coups , la partie efi perdue. Mes renv ois qui fero nt plus fréquens , quoique moin s i nfi ruét :ifs que ceux de n1es autrei parties, le feront voir. Le gambit de la dame entratnant après foi, J ans les premie rs coups, un grand n o mbre de différ entes parties, a rebuté jufqu·à-préfe nt to us les auteurs d’en entreprendre la di !fedi o n. Ils iè font contentés d’en parler , & de nous donner quelques comrnencem ens re mplis de faux coups. Je me fl atte d’en av oir trouvé la véritable défenfe. N. B. En fini !fant , j’avertis les amateurs qu e dans to utes mes remarques, renvois, &c. , p our év iter toute équivoq ue je traite to ujours le hla. nc à la feconde perfonne , & le noir à la troifième : comme par exe mple, v ous jou~{, vous prendre{ , v ou s aurie t_ p ris , s’entend toujours le b !anc ; & il joue , il prendra , iL•tlurotrpris, s’ entend le noir• Il efi évident , d’ap rès c es obfervations de l’auteur , que fon traité doit être rap porté dans toute ion intégrité, & qu’on ne pou rroit le tronquer , ni l’analyfe r fa ns nuire à l’fnfen1ble ou à 1a férie des inftructions qu’il y donne. C’efi do~ c fati sfair e à-la-foi s ]a confian ce, la cu rioG té & l’intérÇt des amateurs du jeu des éch ecs q11e de leur p réfenter toute ·c ett e doétr·jne fi précife, fi efièntiell e & G lumineufe de Philidor ·, telle qu ’il l"a publiée lui même . · - D’ailleurs , fon ouvrage , imprimé en pays étranger, efi devenu rare , & très-difficile à trouyer en France• •