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l’autre C, candemno, je condamne ; et sur la troisième un N. suivi d’un L., non liquet, le fait n’est pas clair. C’est à cet usage que Cicéron fait allusion lorsqu’il appelle l’A littera salutaris, la lettre qui sauve.

A servait encore à rejeter une loi proposée dans les comices. Ceux qui s’opposaient à la nouvelle loi se servaient d’une tessère marquée d’un A., qui signifiait antiquo, je tiens, je vote pour l’ancienne loi, je refuse ; ou antiqua sequor, nova non placent, je tiens à l’ancienne loi et je rejette la nouvelle. Les acceptants donnaient une tessère, sur laquelle on lisait V. R., uti rogas, comme vous le demandez.

A, dans le calendrier Julien, est la première des sept lettres dominicales ; c’était chez les Romains la première des lettres nundinales.

On prétend que cette lettre était chez les Égyptiens un hiéroglyphe qui, représentait l’ibis ; mais tout ce qu’on a dit à ce sujet, tant pour cette lettre que pour la lettre B, est de pure imagination. Une lettre alphabétique étant la figure d’un son on d’un mot, et un hiéroglyphe celle d’une personne on d’une chose sacrée, comme l’indique ce mot lui-même, qui signifie sculpture sacrée, lettre alphabétique et hiéroglyphe impliquent contradiction.

Éloi Johanneau.

A, A, a. (Grammaire.) A, lettre voyelle, est un substantif masculin invariable ayant plusieurs acceptions.

A, troisième personne du présent de l’indicatif du verbe avoir, exprime l’idée principale de possession : il a du bien, du connaissances. On dit par extension : il a des chagrins, des douleurs, des soupçons. A verbe n’est jamais marqué de l’accent grave par


lequel on distingue la préposition a.

Dans ces locutions, il y a des hommes, il y a des jours qui, etc., a est le même verbe, avec une extension plus grande encore. Voici comme l’analyse le démontre : y, ou là, ou dans ce point ; il ou cette chose, cet être à imaginer, a des hommes, des jours qui. Les autres langues disent simplement : des hommes, des jours sont qui, etc.

A préposition est toujours marqué de l’accent grave. Cette préposition, comme toutes les autres, indique le second terme d’on rapport que quelquefois elle exprime. Sa place est entre deux termes qu’elle lie, et le terme qui la suit se nomme son complément.

Mais la préposition à n’est jamais un adverbe, comme l’ont soutenu quelques grammairiens. L’adverbe renferme par sa nature une préposition avec son complément, et par suite présente un sens complet. La préposition à, comme toute autre, appelle un complément pour offrir un sens.

Elle concourt à former des expressions adverbiales : à reculons, à tâtons ; elle prend des adverbes pour complément : à toujours, à jamais.

Si elle s’unit sans intermédiaire à la préposition de, elle fait partie d’une expression elliptique où son complément est sous-entendu, parce qu’on l’entend sans qu’il soit exprimé. Ainsi, à de si bonnes raisons est pour à un nombre de si bonnes raisons. Elle figure encore dans les ellipses suivantes, il a à manger, donnez-lui à boire, où l’on découvre aisément le premier terme du rapport qu’elle indique, et qui est, des mets, une liqueur, que ses compléments, manger ; boire, font suffisamment concevoir.