Page:Erckmann-Chatrian - Contes et romans populaires, 1867.djvu/140

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.
56
L’HÉRITAGE DE L’ONCLE CHRISTIAN.

Erckmann - Chatrian - Contes et romans populaires, 1867 p150.jpg
Voici celle qui doit revenir pour consoler et pardonner… (Page 53.)

quatre mille francs. Voici le titre de votre vignoble de Sonnethâl : trente-cinq arpents de vigne ; vous faites là, bon an mal an, deux cents hectolitres de petit vin, qui se vend sur place de douze à quinze francs l’hectolitre. Les bonnes années compensent les mauvaises. Ceci, monsieur Hâas, est le titre de votre forêt du Romelstein : elle contient de cinquante à soixante hectares de bois taillis en plein rapport. Ceci vous représente vos biens de Hacmatt, ceci vos pâturages de Thiefenthâl. Voici le titre de propriété de la ferme de Grünerwald, et voilà celui de votre maison de Lauterbach ; cette maison, la plus grande du village, date du xvie siècle.

— Diable ! maître Becker, cela ne prouve pas en sa faveur.

— Au contraire, au contraire : Jean Burckart, comte de Barth, avait établi là sa résidence de chasse. Il est vrai que bien des générations s’y sont succédé depuis, mais on n’a pas négligé les réparations d’entretien ; elle est en parfait état de conservation. »

Je remerciai maître Becker de ses explications, et, ayant serré mes titres dans un volumineux portefeuille, que le digne homme voulut bien me prêter, je pris congé de lui, plus convaincu que jamais de ma nouvelle importance.

J’arrive en face de ma maison ; j’introduis la clef dans la serrure, et, frappant du pied la première marche :

« Ceci est à moi ! » m’écriai-je avec enthousiasme.