Page:Erckmann-Chatrian - Histoire d’un conscrit de 1813.djvu/325

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Ce qui se passa jusqu’au petit jour, je n’en sais rien — les bagages, les blessés et les prisonniers continuèrent sans doute de défiler sur le pont ; mais alors une détonation épouvantable nous éveilla, pas un homme ne resta couché, car on prenait cela pour une attaque, lorsque deux officiers de hussards arrivèrent en criant qu’un fourgon de poudre venait de sauter par hasard dans la grande avenue de Ranstadt, au bord de l’eau. La fumée, d’un rouge sombre, tourbillonnait encore dans le ciel en se dissipant ; la terre et les vieilles maisons frémissaient. Le calme se rétablit. Quelques-uns se recouchèrent pour tâcher de se rendormir ; mais le jour venait ; en jetant les yeux sur la rivière grisâtre, on voyait déjà nos troupes s’étendre à