Page:Eugène Le Roy - Au pays des pierres, 1906.djvu/64

La bibliothèque libre.
Cette page a été validée par deux contributeurs.

« Ouais ! se dit Toinette, cette petite sotte l’aurait-elle rebuté ? »

Mais comme, après de minutieuses et exactes informations, elle ne découvrit aucune liaison à Kérado, l’ex-confidente retomba dans ses doutes.

Viermont, Gaujac et les commensaux du Breton au Coq Hardi épiloguaient sur la situation ; toutefois hors de la présence de l’intéressé, dont l’attitude leur imposait une certaine réserve.

« L’a-t-il ? Ne l’a-t-il pas ? » se disaient-ils entre eux. Et tous les petits faits, toutes les circonstances étaient, au figuré, disséqués comme les cadavres que travaillait jadis Miquel.

Pourtant, à table, un soir où il y avait des invités, après avoir vidé beaucoup de bouteilles de vieux vins de Cahors et de Bergerac, les langues se délièrent. Comme d’habitude, on parlait assez librement des jeunes filles de la ville, et, incidemment, quelqu’un alla remarquer que, depuis la fin du mois de Marie, on ne voyait plus la Belle Coutelière.

— C’est bien tant pis pour nos yeux ! s’écria Gaudet.

— Elle se cloître pour le pauvre monde, dit quelqu’un.

— Peut-être pas pour tous, fit observer le docteur.

— N’importe ! reprit le receveur, la municipalité devrait l’obliger à se montrer une fois par semaine au peuple de Montglat, comme jadis firent les capitouls de Toulouse pour la belle Paule !

— C’est une idée ! s’écria Viermont. Docteur, vous